Israël : une magistrate blâmée pour avoir comparé un plaideur au Hamas
Une greffière israélienne a été blâmée par le médiateur judiciaire pour avoir comparé le discours d'un plaideur à des tirs du Hamas. Une plainte jugée pleinement justifiée par l'autorité de contrôle.

Une greffière d'un tribunal des petites créances en Israël a fait l'objet de vives critiques après avoir comparé le débit de parole rapide d'un plaideur à des tirs du Hamas lors d'une audience. L'affaire a été examinée par le médiateur de l'administration judiciaire, qui a jugé la plainte fondée.
L'incident s'est produit lorsqu'un homme s'est présenté au tribunal pour représenter son fils, défendeur dans un litige civil. Selon la plainte déposée, la magistrate a eu une remarque déplacée après avoir vainement tenté d'interrompre le flot de paroles du participant, qui empêchait selon elle la cour et l'avocat de la partie adverse de s'exprimer.
Dans sa réponse officielle au médiateur, la greffière a présenté ses excuses pour ses propos tout en réfutant avoir tenu des propos discriminatoires liés aux origines ou aux convictions religieuses du plaideur. Elle a expliqué qu'elle venait de reprendre le travail après une semaine de congé maladie suite à une infection au COVID-19 et souffrait d'une grande fatigue, tout en précisant que la sténotypiste n'arrivait pas à suivre la cadence.
« Un instant monsieur, vous parlez toujours trop vite, la sténotypiste ne suit pas, vous tirez comme le Hamas », aurait-elle déclaré. La magistrate a souligné qu'elle s'était excusée sur le champ, puis à nouveau par écrit auprès du médiateur, reconnaissant que la plainte était pleinement justifiée sur ce point précis.
Concernant l'absence d'enregistrement audio de l'audience, la greffière a indiqué qu'elle pensait la procédure préliminaire trop brève pour nécessiter un tel dispositif et qu'aucune obligation légale stricte ne s'appliquait à ce stade. Elle a toutefois précisé qu'à la suite de cet incident, elle enregistre désormais l'intégralité de ses audiences.
Le médiateur, le juge à la retraite Asher Grunis, a accepté l'explication concernant l'absence d'enregistrement, estimant qu'il n'y avait aucune intention délibérée. Il a néanmoins vertement fustigé la comparaison verbale, estimant qu'assimiler le rythme de parole d'une personne à des tirs d'une organisation terroriste meurtrière est inacceptable et choquant.
Tout en prononçant ce blâme, le médiateur a salué le fait que la magistrate ait présenté ses regrets à plusieurs reprises. L'autorité de contrôle a finalement conclu au bien-fondé de la plainte relative aux propos tenus.





