Qui s'attaquera au coût de la vie ? 50 % des nouveaux députés de la Knesset sans expérience économique
Alors que les listes électorales se précisent, le manque d'expertise économique parmi les nouveaux candidats soulève des inquiétudes quant à la capacité du futur gouvernement à lutter contre la vie chère.
Alors que les listes de candidats se précisent avant leur dépôt auprès de la Commission électorale centrale les 7 et 8 septembre, deux conclusions sombres se dégagent. Premièrement : à l'exception des partis de Naftali Bennett et de Gadi Eisenkot, il n'y a presque pas de nouveaux candidats ayant une expérience économique capables de mener un programme de lutte contre le coût de la vie, tant au sein du gouvernement qu'à la Knesset. Deuxième conclusion : la prochaine Knesset devrait perdre une part importante de son expérience parlementaire.
De nombreux députés vétérans devraient être nommés ministres, de sorte que le travail courant dans les commissions et le contrôle de l'action gouvernementale incomberont en grande partie à des députés nouveaux et inexpérimentés. Cela signifie que même si la campagne électorale est remplie de promesses de baisse des prix, d'élargissement des services sociaux et d'augmentation des budgets, il est douteux qu'il y ait assez de professionnels à la Knesset sachant traduire ces promesses en une politique économique responsable et trouver les sources de financement nécessaires.
Un autre problème est le manque de nouveaux candidats ayant une expérience économique et managériale, capables de mener un véritable changement dans les priorités du gouvernement. Au lieu de continuer à distribuer des fonds de coalition et d'élargir les budgets de ministères inutiles, il faut une politique axée sur la réduction du coût de la vie et l'augmentation de la productivité et de la croissance.
Dans les partis vétérans — Likoud, Yesh Atid, Les Démocrates, Ha-Tzionut Ha-Datit, Yahadout Ha-Torah, Shas, Ha-Mahane Ha-Mamlakhti et les factions arabes — presque aucun nouveau candidat ayant des liens économiques significatifs n'a été ajouté. En revanche, dans les nouveaux partis susceptibles de franchir le seuil électoral selon les sondages, on peut trouver quelques noms marquants. Eisenkot a intégré l'ancien directeur du budget au ministère des Finances, Shaul Meridor, et l'ancienne directrice générale du ministère du Travail, Tair Afargan. De même, la députée Orit Farkash-Hacohen, ancienne directrice générale de l'Autorité de l'électricité et ministre de la Science, est considérée comme une candidate naturelle à un poste ministériel.
Le président du parti Yahad, Naftali Bennett, a intégré trois anciennes directrices générales de la fonction publique : Keren Terner, ancienne directrice générale du ministère des Transports, Liran Avishar Ben-Horin, ancienne directrice générale du ministère des Communications, et Michal Negri, ancienne directrice générale de la municipalité de Raanana. Il s'agit d'un renouvellement du système politique par des candidats ayant une expérience managériale et publique. Cependant, il s'agit encore d'un petit nombre de candidats ayant un bagage économique, précisément à une époque où le prochain gouvernement devra prendre des décisions difficiles pour réduire le déficit et alléger le coût de la vie.
De plus, entre 40 et 50 nouveaux députés pourraient entrer à la prochaine Knesset. Le principal renouvellement est attendu dans les partis Yashar, Yahad et Les Démocrates. Un changement de génération est également attendu dans les partis vétérans. Au Likoud, Benjamin Nétanyahou devrait placer des candidats n'ayant jamais siégé à la Knesset sur des places éligibles. Parallèlement, une vague de démissions se dessine au Shas, à Yesh Atid et à Ha-Tzionut Ha-Datit. À cela s'ajoute le fait que de nombreux députés de haut rang, tant dans la coalition que dans l'opposition, devraient être nommés ministres si leurs partis font partie du gouvernement. Par exemple, Naama Lazimi, Yaïr Lapid, Avigdor Lieberman et d'autres.
De même, dans les partis de la coalition actuelle — Likoud, Shas, Yahadout Ha-Torah, Ha-Tzionut Ha-Datit et Otzma Yehudit — presque tous les ministres cherchent à poursuivre leurs fonctions lors du prochain mandat, à l'exception d'Ofir Sofer, qui a annoncé son retrait de la vie politique. Le résultat est qu'une Knesset où de nombreux députés seront nouveaux devra également pourvoir les postes clés des commissions de la Knesset, tandis que la plupart des députés expérimentés siégeront au gouvernement.
À l'exception du poste de président de la Knesset, quatre postes sont considérés comme particulièrement prestigieux : président de la commission des Finances, président de la commission de la Knesset, président de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice, et président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense. Moshé Gafni, Yinon Azoulay et Vladimir Beliak sont mentionnés pour le poste de président de la commission des Finances. Moshé Tur-Paz est mentionné comme candidat à la tête de la commission de l'Éducation, Merav Ben-Ari à la tête de la commission de la Knesset, tandis que David Bitan pourrait continuer à diriger la commission de l'Économie si le poste reste au Likoud. La présidence de la commission des Affaires étrangères et de la Défense et celle de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice devraient également être confiées à des députés vétérans qui ne seront pas nommés ministres. Cependant, de nouveaux députés devraient diriger la plupart des autres commissions.
À cela s'ajoute le défi politique : si le bloc du changement forme le gouvernement, il devra faire face dans l'opposition à des ministres vétérans et expérimentés, notamment Yariv Levin, Gideon Sa'ar, Israel Katz et Haim Katz. En revanche, si le Likoud forme le gouvernement, Eisenkot, Bennett, Lapid, Lieberman et Yaïr Golan siégeront dans l'opposition. Après avoir occupé des postes de ministres de haut rang, il est douteux qu'ils acceptent de siéger en tant que présidents de commission.
Les transferts d'argent se poursuivent malgré les vacances électorales. La commission des Finances se réunira demain pour approuver une série de transferts budgétaires au sein des ministères, dont certains ont des liens politiques. Les députés Vladimir Beliak et Naor Shiri (Yesh Atid-Yahad) ont fait appel à la conseillère juridique de la Knesset, Sagit Afik, et à la conseillère juridique de la commission des Finances, Shulamit Ehrlich, pour demander l'annulation de la discussion supplémentaire au sein de la commission des Finances concernant les transferts budgétaires, qui a été programmée contrairement à la décision de la commission de la Knesset et sans l'approbation explicite de la commission de consensus. Selon eux, à la veille de la dissolution de la Knesset, la commission de la Knesset a décidé que la commission des Finances tiendrait une discussion au cours des deux premières semaines des vacances pour approuver les demandes budgétaires. La discussion a bien eu lieu la semaine dernière et a duré 11 heures, au cours desquelles 19 des demandes soumises ont été approuvées. Un appel similaire a été déposé par les députées Naama Lazimi et Orit Farkash-Hacohen. Selon elles, « le but de cette manœuvre est clair : l'injection immédiate de fonds de coalition à hauteur de centaines de millions de shekels à des fins sectorielles ».




