Presque un an de vie dans les embouteillages : le vrai prix du trajet vers le travail

Selon des estimations actuelles, l'Israélien moyen passe dans les embouteillages un temps équivalent à une grossesse et un congé maternité. Construire davantage de routes ne résout pas le problème, alors quelle est la solution ?

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Presque un an de vie dans les embouteillages : le vrai prix du trajet vers le travail
Photo : Israel Hayom / פקקים. צילום: יהושע יוסף

Un embouteillage n'est pas seulement une contrariété matinale ; ce ne sont pas seulement des coups de klaxon, un Waze qui s'égare ou la lutte pour se faufiler dans une voie. Un embouteillage, c'est du temps de vie — ce temps précieux et irremplaçable que nous brûlons sur la route.

C'est frustrant, mais la plupart des gens n'ont pas de réel choix. Ils ne sont pas coincés dans les bouchons par passe-temps, mais par nécessité : aller au travail, déposer les enfants, se rendre à leurs études. Jour après jour, la vie se résume à cette boucle infinie de freinages et de brèves accélérations.

Il y a plus de dix ans, un scénario sombre pour le Gush Dan a été présenté à la Knesset : sans un système de transport public fiable, chaque véhicule pourrait perdre plus d'une heure par jour d'ici 2030, pour un total de 850 millions d'heures gaspillées par an. Le préjudice économique était alors estimé à 25 milliards de shekels par an.

Les données du Contrôleur de l'État confirment la gravité de la situation : en 2021, la congestion routière a causé environ 31 milliards de shekels de dommages, soit environ 2 % du PIB. Entre 2000 et 2021, le nombre de véhicules en Israël a été multiplié par 2,1, tandis que la longueur des routes n'a augmenté que de 1,24 fois. Nous ajoutons des voitures beaucoup plus vite que nous ne créons d'espace routier.

Qu'est-ce que cela signifie pour l'individu ? Si vous vivez dans le Gush Dan et que vous faites le trajet cinq fois par semaine (environ 230 jours par an) en perdant une heure par jour, vous passerez environ 6 900 heures, soit près de dix mois de votre vie, dans les embouteillages sur une carrière de trente ans. C'est assez de temps pour aller d'une grossesse jusqu'à l'entrée de votre enfant au CP, comme dans un scénario de série de science-fiction.

Le problème est que les embouteillages s'auto-alimentent. Les transports publics sont peu fiables, alors les gens achètent des voitures. Plus de voitures entraînent plus de congestion, ce qui piège également les bus dans le trafic, rendant les transports publics encore moins attractifs. C'est un cercle vicieux, sans magie mais plein de bruit.

La solution consistant à « ajouter une route » ne fonctionne pas. Une étude de la Banque d'Israël de 2026 a révélé que l'augmentation de la capacité routière encourage l'utilisation des véhicules privés, surtout en zone urbaine, les ménages achetant souvent une deuxième voiture. Le nouvel espace routier est saturé presque immédiatement.

La solution exige plus que de l'asphalte ; elle nécessite des transports publics qui soient une véritable option plutôt qu'une punition. Il nous faut des trains, un métro et des bus avec des voies dédiées, une fréquence élevée et un système fiable permettant aux gens de planifier leurs matins sans un « coefficient d'anxiété » de quarante minutes.

Dans le Gush Dan, le métro est censé être le plus grand projet d'infrastructure du pays, avec trois lignes et 109 stations. Cependant, selon le Contrôleur de l'État, il ne devrait pas être opérationnel avant 2037, en supposant qu'il n'y ait pas d'autres retards. D'ici là, des millions de personnes continuent de payer le prix en temps.

Les embouteillages sont rarement perçus comme une crise majeure car ils sont fragmentés en petits segments : une demi-heure ici, vingt minutes là. Mais mis bout à bout, cela représente l'un des plus grands gaspillages de notre temps. En fin de compte, la question n'est pas seulement de savoir combien de temps dure le trajet, mais quelle part de notre vie nous sommes prêts à laisser sur la route. Pour l'instant, la réponse est assez décevante.

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