Tensions entre la police et le Shin Bet autour d'une enquête sur des financements étrangers

Le chef des enquêtes de la police israélienne a ordonné de suspendre le transfert d'informations au Shin Bet sans son accord dans l'enquête sur des ingérences étrangères présumées.

Tensions entre la police et le Shin Bet autour d'une enquête sur des financements étrangers
Photo : Israel Security Agency (ISA / Shabak) / Wikimedia Commons

Le chef de la division des enquêtes de la police, le commandant Boaz Blat, a ordonné aux policiers de ne transmettre aucune information concernant l'affaire électorale au Shin Bet sans son accord préalable. Cette directive limite de fait la coopération avec l'agence de sécurité intérieure, alors même que la police est censée servir de bras opérationnel pour plusieurs actes d'enquête dans ce dossier.

Selon Blat, toute demande du Shin Bet liée aux élections — qu'il s'agisse de la récupération de caméras de surveillance, d'interrogatoires ou de toute autre action — doit lui être soumise, et les agents ne doivent pas y donner suite sans autorisation. L'affaire en question porte sur des soupçons selon lesquels des acteurs étrangers, dont le Qatar, la Turquie et l'Autorité palestinienne, auraient transféré d'importantes sommes d'argent à des membres de la Liste commune pour influencer le scrutin.

Après plusieurs jours de rétention d'informations, le Shin Bet a commencé à transmettre par étapes des éléments de renseignement sur des bureaux de vote du secteur arabe. La gestion de l'affaire a également suscité des critiques à l'encontre du directeur du Shin Bet, David Zini, qui a exigé que l'affaire soit qualifiée d'infraction à la sécurité. Une telle requalification lui permettrait de convoquer des dirigeants de partis arabes — dont le président de Ta'al Ahmad Tibi, le président de Ra'am Mansour Abbas et l'ancien député de Balad Sami Abu Shehadeh — sans présenter de preuves préalables.

Un autre nom a émergé, celui d'Ayman Odeh, dont le mandat s'achève avec l'investiture de la nouvelle Knesset. Des informations de presse indiquent que les enquêteurs examinent s'il a perçu des centaines de milliers de shekels de l'Autorité palestinienne. La police a toutefois précisé qu'aucun projet de convocation n'était à l'ordre du jour pour Odeh, actuellement à l'étranger, aucun renseignement probant ne lui étant pour l'heure directement imputé.

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