Étude : 99 % des enfants dits allergiques à la pénicilline ne le sont pas

Une étude du Centre médical Hillel Yaffe révèle que 99 % des enfants considérés comme allergiques à la pénicilline peuvent en réalité consommer l'antibiotique sans risque.

Étude : 99 % des enfants dits allergiques à la pénicilline ne le sont pas
Photo : Rafi Koren / Wikimedia Commons

La pénicilline demeure l'un des antibiotiques les plus prescrits pour traiter diverses infections bactériennes, telles que les angines, les otites ou les infections urinaires. Cependant, une étude menée au Centre médical Hillel Yaffe démontre que la grande majorité des enfants étiquetés comme allergiques à ce médicament ne le sont pas réellement.

Les travaux, dirigés par le Dr Vered Schichter-Confino, responsable de l'unité d'allergologie et d'immunologie, ont analysé le dossier de 305 enfants orientés vers une consultation spécialisée entre 2019 et 2023. Ces résultats ont été acceptés pour publication dans la revue scientifique Frontiers in Allergy.

Résultats des tests de provocation

Dans le cadre de cette recherche, les jeunes patients ont subi des évaluations médicales, des tests cutanés ou des tests de provocation orale, consistant en une administration contrôlée de l'antibiotique sous surveillance médicale étroite. Près de 99 % des enfants soumis au test de provocation n'ont développé aucune réaction allergique.

L'étude s'est également distinguée par un suivi de cinq ans après l'évaluation initiale. Sur 240 enfants présentant une tolérance avérée, 63,7 % ont pu reprendre un traitement à la pénicilline sans le moindre incident. En revanche, 36,3 % n'ont pas consommé à nouveau l'antibiotique, en raison d'une absence de besoin clinique ou par crainte persistante des parents.

Risques d'un faux diagnostic

Le Dr Schichter-Confino insiste sur l'importance d'accompagner les familles après le diagnostic : « Il ne suffit pas de prouver que l'enfant n'est pas allergique, il faut s'assurer que les parents comprennent la portée de ce résultat pour l'avenir. »

Une erreur de diagnostic entraîne souvent le recours à des antibiotiques de substitution à plus large spectre, augmentant les risques d'effets secondaires et favorisant l'antibiorésistance. Les spécialistes rappellent qu'une éruption cutanée survenant pendant un traitement ne traduit pas systématiquement une allergie.

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