Fusillade mortelle à Ivry-sur-Seine : une femme soupçonnée d'être tueuse à gages
Une femme de 32 ans a été mise en examen en France, soupçonnée d'être une tueuse à gages impliquée dans une fusillade mortelle dans un bar à chicha à Ivry-sur-Seine. L'affaire met en lumière de nouvelles tendances de recrutement au sein du crime organisé.
Une femme de 32 ans, soupçonnée d'avoir agi en tant que tueuse à gages, a été mise en examen et placée en détention provisoire dans le cadre de l'enquête sur une fusillade mortelle dans un bar à chicha à Ivry-sur-Seine, en banlieue parisienne. La suspecte, identifiée comme Zohra A., mère de trois enfants connue des services de police pour trafic de cigarettes, est soupçonnée d'avoir ouvert le feu lors d'une attaque qui a fait deux morts.
Un cas sans précédent en France
Selon l'hebdomadaire français Paris Match, les enquêteurs considèrent cette affaire comme inédite en France. Lors de sa garde à vue, la suspecte a affirmé avoir agi sous la contrainte, a rapporté France 24. Un troisième suspect, soupçonné d'avoir servi de chauffeur de fuite, a également été présenté aux autorités judiciaires, mais aucune décision n'a été communiquée concernant sa situation.
La fusillade a éclaté vers 3h00 du matin un lundi au bar à chicha L'Atelier. Le gérant de l'établissement a été tué sur place, et une autre personne a succombé à ses blessures à l'hôpital le 13 octobre, selon le parquet. Un agent de sécurité a été légèrement blessé à la main lors de l'attaque, d'après une source policière citée par France 24.
Enquête et éléments matériels
Peu après la fusillade, les enquêteurs ont découvert une voiture volée incendiée près du bar. Un fusil d'assaut de type Kalachnikov a été retrouvé sur le siège passager, selon la même source policière. Suite à cet événement, la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris a ouvert une information judiciaire pour assassinat et tentative d'assassinat en bande organisée, ainsi que pour destruction de biens par un moyen dangereux pour les personnes en bande organisée.
Plusieurs personnes ont été interpellées dans le cadre de l'enquête, et les suites judiciaires à donner aux suspects ont été confiées aux autorités compétentes.
Pistes liées au grand banditisme
Les enquêteurs privilégient la piste d'un règlement de comptes ciblant le gérant du bar, connu des services pour trafic de stupéfiants. Selon Le Monde, cité par Paris Match, cette orientation est également liée à une précédente tentative d'assassinat le visant et à ses connexions dans le milieu.
En avril 2024, le gérant avait échappé à une tentative de meurtre après avoir reçu des tirs dans les jambes. Il avait réussi à fuir à l'intérieur du bar tandis que son agresseur le poursuivait et continuait de tirer devant une dizaine de clients, a rapporté Le Parisien.
Un associé du gérant dans divers projets, légaux et illégaux, a également été attaqué au Royaume-Uni. Le 8 octobre, un Français de 50 ans a été poignardé à plusieurs reprises à son domicile à Thurby, dans l'est de l'Angleterre, et son fils de 15 ans a également été blessé. Tous deux ont été hospitalisés dans un état critique, et aucune arrestation n'a été signalée dans cette affaire, selon Le Parisien, cité par Paris Match.
Évolution des profils dans la criminalité
La suspecte arrêtée à Paris était jusqu'alors connue des services pour contrebande de tabac, a rapporté France 24 en s'appuyant sur des informations révélées par Le Monde. Selon les soupçons, dans la nuit de l'attaque, elle aurait tiré sur le gérant alors qu'il se trouvait à la caisse, avant de rejoindre ses complices qui l'attendaient dans un véhicule voisin.
La participation présumée d'une femme en tant que tireuse dans un contrat du milieu illustre une évolution potentielle des modes de recrutement des organisations criminelles en France. Selon une note du Service d'information, du renseignement et des analyses stratégiques sur la criminalité organisée (Sirasco) publiée en avril, les réseaux criminels recrutent de plus en plus de femmes et de mineurs pour des rôles allant de la surveillance au transport de malfaiteurs et au repérage de cibles.
Chute d'un réseau criminel
Le gérant assassiné a été identifié comme Mamar Bouzidi, surnommé Amar. Selon le site Viral Mag, sa mort marque l'effondrement définitif d'une organisation criminelle qui sévissait dans le Val-de-Marne, ayant gagné en puissance au début des années 2000.
Bien que les enquêtes sur la fusillade d'Ivry-sur-Seine et l'agression au Royaume-Uni soient menées séparément, la succession de violences entourant le gérant et ses proches susmiterait un intérêt croissant pour d'éventuels liens transmanche.



