Paris et Milan s'inspirent de Phoenix pour adapter leurs infrastructures aux canicules
Dans une tribune au Guardian, les maires de Phoenix, Milan et Paris alertent sur l'urgence des canicules et partagent leurs plans d'adaptation urbaine face au réchauffement climatique.
La canicule dévastatrice qui a frappé l'Europe et d'autres régions du monde, coûtant la vie à plus de 14 000 personnes, a prouvé une nouvelle fois que la crise climatique n'est pas une menace lointaine mais une réalité bien présente. Dans une tribune commune publiée par le quotidien britannique The Guardian, des dirigeants municipaux de premier plan — la maire de Phoenix Kate Gallego, le maire de Milan Giuseppe Sala et le premier adjoint à la maire de Paris Emmanuel Grégoire — partagent leurs solutions face aux chaleurs extrêmes.
Leur message est sans équivoque : le réchauffement de la planète n'est pas un phénomène météorologique passager, mais un défi mortel qui exige une préparation urbaine globale. Fait marquant, deux des plus anciennes métropoles d'Europe, Paris et Milan, se tournent désormais vers Phoenix, ville désertique de l'Arizona, pour apprendre à gérer la hausse des températures.
Phoenix : pionnière de la lutte contre la chaleur
Phoenix, qui a créé le tout premier bureau municipal au monde dédié à la gestion de la chaleur, traite les températures extrêmes comme un problème global impactant les infrastructures, les transports, le logement et la santé publique. La municipalité impose un taux d'ombrage de 75 % pour les nouveaux projets dans les zones piétonnes denses et a appliqué un revêtement routier réfléchissant sur environ 300 kilomètres de chaussée.
De plus, un arrêté municipal oblige les propriétaires à maintenir une température intérieure maximale de 28 °C, tandis que des centres de rafraîchissement publics accueillent les populations vulnérables. Les données prouvent l'efficacité de ces mesures : à l'été 2024, le plus chaud jamais enregistré dans la ville, les appels d'urgence liés à la chaleur ont chuté de 20 %.
L'adaptation européenne : Paris et Milan
En Europe, où les infrastructures historiques ont été conçues pour un climat beaucoup plus tempéré, le défi est à la fois technique et organisationnel. À Paris, chaque habitant peut désormais accéder à l'un des 1 400 îlots de fraîcheur municipaux en moins de sept minutes de marche. En octobre 2023, la capitale française a également mené un exercice de simulation grandeur nature baptisé « Paris à 50 degrés » afin de tester la résilience des services de secours face à des températures extrêmes.
De son côté, Milan déploie son projet « Places Ouvertes », qui consiste à remplacer le béton et l'asphalte par des espaces verts et des arbres. La municipalité italienne s'est fixé l'objectif ambitieux de limiter la hausse de la température locale à 2 °C d'ici 2050.
Un appel à l'action politique
La chaleur extrême tue plus de 500 000 personnes dans le monde chaque année, ce qui en fait la catastrophe climatique la plus meurtrière. Les élus ont conclu leur tribune dans The Guardian par un appel urgent aux gouvernements pour qu'ils dotent les villes des compétences et des budgets nécessaires pour affronter cette crise.
Comme l'ont souligné les dirigeants municipaux :
« La chaleur est une crise politique qui exige une action politique audacieuse. »
Ils rappellent que la coopération internationale doit s'accélérer pour suivre le rythme effréné du changement climatique.





