Comment Onitsuka Tiger est devenue l'icône incontournable de la sneaker

La marque de baskets japonaise Onitsuka Tiger connaît un succès mondial fulgurant, porté par la mode rétro, le tourisme à Tokyo et la faiblesse du yen.

YnetAuteur : סוכנויות הידיעות
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Comment Onitsuka Tiger est devenue l'icône incontournable de la sneaker
Photo : Ynet / צילום: Kate Green/Getty Images for Patou

Pour de nombreux touristes visitant Tokyo, la destination incontournable n'est ni un temple ancien, ni un jardin japonais traditionnel, ni un restaurant de sushi réputé. Pour beaucoup, une boutique de la marque de chaussures de sport japonaise Onitsuka Tiger est devenue un passage obligé, où l'on dépense souvent des centaines de dollars.

La marque historique de baskets japonaises, fondée il y a plus de 75 ans et mondialement immortalisée par le film « Kill Bill » de Quentin Tarantino, connaît ces dernières années un retour en force spectaculaire. Ses designs épurés et minimalistes s'inscrivent parfaitement dans la tendance de la mode rétro. De plus, la faiblesse du yen rend les achats au Japon particulièrement attractifs pour les touristes étrangers, ce qui fait s'envoler les ventes.

Un succès fulgurant à Tokyo et des marges records

Selon le Wall Street Journal, les boutiques de la marque à Tokyo affichent régulièrement de longues files d'attente de visiteurs impatients. Les clients présentent aux employés le modèle recherché sur leur smartphone et n'hésitent parfois pas à chausser leurs nouvelles baskets dès la sortie du magasin. Pour beaucoup, l'écart de prix substantiel constitue un attrait majeur : une famille américaine ayant acheté quatre paires lors d'un voyage au Japon a payé environ 100 dollars par paire, soit environ la moitié du prix attendu aux États-Unis.

Cet enthousiasme marqué se lit clairement dans les résultats financiers d'ASICS, la maison mère d'Onitsuka Tiger. Au cours du premier semestre, les ventes de la marque ont bondi de 36 % par rapport à la même période de l'année précédente, atteignant environ 574 millions de dollars sur un chiffre d'affaires total d'environ 3,4 milliards de dollars pour l'ensemble du groupe ASICS, soit une part d'environ 17 %. Le bénéfice a quant à lui grimpé d'environ 50 %.

L'année précédente avait déjà été exceptionnelle. Les ventes d'Onitsuka Tiger avaient bondi de 43 % en 2025 pour atteindre environ 851 millions de dollars. D'après Reuters, les marges bénéficiaires de la marque ont atteint environ 38 %, soit les plus élevées parmi les activités principales d'ASICS, portées par la forte demande en Europe, l'essor du tourisme au Japon et la dépréciation de la monnaie locale.

Renaissance culturelle et expansion mondiale

La vague touristique historique qui profite au Japon offre un formidable tremplin à la marque. Selon l'Office national du tourisme japonais, le mois de juillet a enregistré un record de 3,44 millions de visiteurs étrangers dans le pays. Pour les voyageurs originaires de pays où les produits Onitsuka Tiger sont plus onéreux ou plus difficiles à trouver, Tokyo est devenue une destination shopping à part entière.

Cependant, le facteur prix ne résume pas tout. Ces dernières années, l'esthétique de la fin des années 1990 et du début des années 2000 a fait un retour en grâce dans l'univers de la mode. La demande pour des baskets fines et au look rétro s'est renforcée au détriment des modèles massifs qui dominaient le marché. Onitsuka Tiger, qui n'a jamais totalement abandonné ce style distinctif, s'est retrouvé au cœur de cette évolution.

« L'héritage culturel de la marque, son design minimaliste et sa légèreté unique séduisent aujourd'hui une nouvelle génération de consommateurs en quête d'authenticité. »

L'un des modèles les plus emblématiques de la marque reste la paire jaune et noire portée par Uma Thurman dans le premier volet du film à succès de Quentin Tarantino, sorti en 2003. Si cette exposition a transformé la chaussure en véritable icône culturelle, la marque a su élargir son attrait bien au-delà de la simple nostalgie cinématographique.

Restructuration stratégique et origines historiques

Aujourd'hui, les jeunes consommateurs qui ne se souviennent pas nécessairement du film sont séduits par le design, la légèreté relative et le confort de ces chaussures, qui contrastent avec les modèles imposants des concurrents. De nombreux touristes achètent plusieurs paires pour leurs proches.

Parallèlement, la direction d'ASICS s'efforce de préserver le positionnement haut de gamme d'Onitsuka Tiger en évitant une expansion trop rapide et des soldes agressifs. Une vaste boutique doit ouvrir à Los Angeles au début de l'année prochaine, aux côtés d'autres magasins phares dans les grandes métropoles mondiales.

Cette croissance rapide a également entraîné une réorganisation interne majeure. En juin, ASICS a annoncé que les activités d'Onitsuka Tiger seraient transférées au début de 2027 au sein d'une nouvelle filiale à 100 %, baptisée OT Group, afin d'accélérer la prise de décision. Selon Reuters, aucune introduction en bourse n'est prévue pour l'instant.

Derrière ce retour en grâce se cache une histoire bien plus ancienne. Kihachiro Onitsuka a fondé l'entreprise à Kobe en 1949, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en fabriquant des chaussures de basket. Dans les années 1960, un jeune entrepreneur américain nommé Phil Knight a convaincu la marque de lui accorder les droits de distribution aux États-Unis via une petite structure nommée Blue Ribbon Sports, qui deviendra plus tard Nike. Plus de six ans plus tard, le géant américain côtoie le vénérable fabricant japonais, qui connaît l'un des chapitres les plus glorieux de son histoire.

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