Le fonds souverain norvégien envisage de réinvestir dans la défense

Le fonds souverain norvégien pourrait renouer avec les investissements dans des groupes de défense comme Lockheed Martin et Boeing, selon un comité indépendant, assouplissant ses règles face aux pressions américaines.

Source :Calcalist
Le fonds souverain norvégien envisage de réinvestir dans la défense
Photo : NASA Kennedy / Rad Sinyak

Le fonds souverain de la Norvège, le plus grand au monde, pourrait modifier sa politique d'investissement pour réinvestir dans de grands groupes de défense occidentaux jusqu'ici exclus en raison de leur implication dans la production d'armes nucléaires. Selon CNBC, cette mesure fait suite aux recommandations publiées jeudi par un comité indépendant révisant l'éthique du fonds, sur fond de tensions avec l'administration américaine concernant des désinvestissements d'entreprises israéliennes et américaines.

Évolution des règles éthiques et pressions géopolitiques

Créé dans les années 1990 pour investir les revenus pétroliers et gaziers de la Norvège, le fonds gère environ 2 300 milliards de dollars d'actifs et détient près de 1,5 % des actions cotées dans le monde. Ses règles interdisent les investissements dans les fabricants d'armes nucléaires, notamment Lockheed Martin, Boeing, Airbus et BAE Systems. Il détient toutefois des participations dans d'autres groupes comme l'allemand Rheinmetall et l'italien Leonardo.

Le comité, dirigé par l'ancien gouverneur de la banque centrale Svein Gjedrem, recommande de restreindre l'interdiction pour autoriser les investissements dans les fabricants d'armes nucléaires d'États alliés reconnus comme dotés de l'arme nucléaire par le Traité sur la non-prolifération. Il suggère également d'abandonner l'exigence d'évaluer le respect du droit humanitaire international par les pays utilisateurs.

Contrecoup des désinvestissements et calendrier

Cette révision a débuté en novembre 2025 après la controverse suscitée par le retrait du fonds d'entreprises israéliennes et américaines. En août 2024, le fonds a cédé ses parts dans quatre banques israéliennes — Bank Hapoalim, Bank Leumi, Mizrahi Tefahot et First International Bank — pour environ 2 milliards de shekels, invoquant leur soutien à la colonisation. Il a également vendu sa participation dans Caterpillar.

Ces décisions ont provoqué la colère de l'administration de Donald Trump. Le comité a prévenu que de telles décisions éthiques risquent d'être assimilées à la politique de l'État norvégien et d'entraîner des représailles.

L'ordre international libéral est en recul, indique le rapport.

Les recommandations ne sont pas contraignantes. Le gouvernement norvégien tiendra des consultations publiques et le Parlement devrait se prononcer à la mi-2027.

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