Moins d'alcool, plus de fitness et d'écrans : que se passe-t-il réellement avec les habitudes de la génération Z ?

La jeune génération boit moins d'alcool, dépense davantage pour le bien-être et modifie ses habitudes de loisirs sociaux. Cependant, derrière cette tendance se cache une question complexe : qu'est-ce qui comble le vide ? Le professeur Shauli Lev-Ran note que le fitness peut servir de mécanisme d'adaptation, tandis que le professeur Tzipi Strauss souligne que l'exposition cumulative à l'alcool à un jeune âge augmente les risques de maladies chroniques à long terme.

YnetAuteur : Tzur Gueta
Source
Moins d'alcool, plus de fitness et d'écrans : que se passe-t-il réellement avec les habitudes de la génération Z ?
Photo : Ynet / הדמיה שנוצרה באמצעות AI

Les bars restent des lieux de rencontre, mais l'alcool y occupe une place de moins en moins centrale. Quelque chose change dans la manière dont les jeunes socialisent : l'alcool n'est plus un attribut obligatoire des soirées, les options sans alcool gagnent du terrain, tandis que les groupes de course à pied et les séances de fitness deviennent les nouveaux points de ralliement. Les données Gallup de 2025 montrent que la part des adultes américains consommant de l'alcool a atteint un plus bas historique (54 %), et chez les 18–34 ans, ce taux est passé de 59 % à 50 % en seulement deux ans.

Des tabourets de bar aux poids de salle de sport

Bank of America a baptisé ce phénomène « La Grande Modération ». L'analyse de millions de comptes révèle que les jeunes modifient non seulement leurs habitudes, mais aussi le format même de leur vie sociale. Alors que les dépenses en magasins d'alcool diminuent, les dépenses liées au fitness augmentent : selon Strava, 30 % de la génération Z prévoit d'augmenter ses investissements dans la santé d'ici 2026.

En Israël, la situation est plus nuancée. Les études longitudinales du Centre israélien sur les addictions et la santé mentale (ICA) n'indiquent pas de baisse générale de la consommation problématique d'alcool. Le professeur Shauli Lev-Ran explique : « Nous ne constatons pas de baisse significative chez les jeunes adultes de 18–25 ans par rapport au passé. Cependant, ce groupe présente des taux de consommation problématique de substances plus bas que les générations plus âgées ». Néanmoins, environ 25 % des jeunes de 18–35 ans signalent une consommation problématique d'alcool ou de drogues.

Moins d'alcool, plus d'écrans ?

Si les jeunes boivent effectivement moins, cela signifie-t-il qu'ils sont moins en détresse ? Le professeur Lev-Ran est sceptique : « Lorsque nous avons du mal à nous autoréguler, nous cherchons des moyens externes pour faire face. Si ce n'est pas l'alcool, un glissement vers d'autres comportements peut se produire ». Les smartphones sont devenus la « sucette » principale de la génération Z. Contrairement à l'alcool, les algorithmes des réseaux sociaux s'adaptent à l'utilisateur, captant son attention et provoquant une comparaison sociale constante, ce qui peut accroître le besoin de « se déconnecter » de la réalité.

Une tentative de reprendre le contrôle

Dans un monde qui semble chaotique en raison des guerres et de l'incertitude, le corps devient l'un des rares domaines sur lesquels on peut exercer un contrôle. « Le bien-être et le fitness ne sont pas seulement une question d'esthétique ; ce sont des mécanismes d'adaptation », déclare le professeur Lev-Ran. En Israël, où la réalité est saturée de traumatismes, ces tendances coexistent : certains jeunes trouvent un sens dans le sport, tandis que d'autres se tournent vers des environnements virtuels ou d'autres comportements addictifs.

Le coût de l'alcool pour la santé

La sensibilisation aux méfaits de l'alcool grandit également. Le professeur Tzipi Strauss, du centre de longévité Sheba, souligne une vaste méta-analyse de JAMA Network Open : « Une faible consommation d'alcool ne réduit pas la mortalité, et l'exposition cumulative à de petites quantités dès le jeune âge augmente le risque de maladies chroniques ». L'OMS classe l'alcool comme cancérogène lié à au moins sept types de cancer. « Ce que nous faisons à 20 ans détermine notre santé à 60 ans », conclut le professeur Strauss.

Une substance en remplace-t-elle une autre ?

La diminution de la consommation d'alcool ne signifie pas un rejet total de tous les stimulants. Les statistiques montrent une hausse du vapotage et de la consommation de cannabis. En Israël, où le cannabis est souvent perçu comme une alternative « naturelle » et « médicale », cela est particulièrement visible. Parallèlement, les données britanniques montrent que la tendance n'est pas uniforme, avec une augmentation des taux de consommation excessive d'alcool chez les jeunes.

En fin de compte, la question n'est pas seulement de savoir si les jeunes boivent moins, mais ce qui remplace l'alcool dans leur vie — qu'il s'agisse de sport, d'écrans, de jeux d'argent ou d'autres méthodes pour faire face à l'anxiété et à la solitude.

Dans la même rubrique