Rentrée scolaire au Proche-Orient : le défi de l'éducation en temps de crise
La rentrée scolaire a débuté dans les pays arabes voisins et le Golfe sur fond de tensions. Au Liban, les écoles du sud font face à de graves perturbations et dégâts matériels en raison des opérations de Tsahal, tandis que la Syrie et le Qatar déploient de nouvelles mesures.

La nouvelle année scolaire a débuté dans les pays arabes voisins et dans le Golfe, sur fond de tensions sécuritaires, de défis opérationnels et de poursuite des combats dans plusieurs secteurs. Le Liban a donné le coup d'envoi le plus tardif de l'année scolaire, confronté à de graves perturbations alors que Tsahal poursuit ses opérations contre le Hezbollah dans le sud du pays.
Le journal libanais An-Nahar a rapporté que l'année scolaire dans le sud du Liban est marquée par l'incertitude, les administrations scolaires ayant suspendu les inscriptions, la planification, les transports et la vente de manuels scolaires pour au moins une semaine en raison d'une escalade significative. De son côté, le journal pro-Hezbollah Al-Akhbar a indiqué que si les écoles publiques devaient officiellement ouvrir leurs portes, la situation est loin d'être fluide, le conflit ayant imposé une nouvelle réalité en raison des déplacements de population.
Impact sur les infrastructures éducatives
Les conséquences de la guerre se font particulièrement sentir dans le sud, où certaines écoles rouvrenet pour des cours en présentiel tandis que d'autres restent fermées ou adoptent des méthodes alternatives. La ministre libanaise de l'Éducation, Rima Karami, a souligné ces dernières semaines que la priorité est d'offrir aux enfants un environnement sûr sur les plans physique, éducatif et psychologique. Si les conditions de sécurité ne permettent pas la présence physique, les établissements basculeront vers l'enseignement en ligne.
Selon An-Nahar, les données du sud du Liban, notamment dans la région de Nabatieh, indiquent que 198 écoles sur 267 ont subi des dégâts, dont 30 ont été entièrement détruites. À l'échelle nationale, 257 écoles publiques accueillant 71 446 élèves et 117 écoles privées desservant 53 761 élèves ont été endommagées. De plus, de nombreux établissements ont été transformés en abris pour les personnes déplacées par les combats.
Développements en Syrie et dans le Golfe
En Syrie, l'année scolaire a débuté le 6 septembre, avec plus de 5,2 millions d'élèves reprenant le chemin de l'école à travers différentes provinces. L'agence de presse étatique SANA a fait état de la mise en place de programmes unifiés à l'échelle nationale pour renforcer la cohésion éducative. Cependant, des années de guerre civile continuent de peser lourdement ; dans le gouvernorat d'Al-Hasakah, des élèves ont été contraints de s'asseoir sur le sol dans des salles de classe dépourvues de portes ou de tableaux noirs adéquats. Le ministère syrien de l'Éducation a indiqué que 1 370 écoles ont été réhabilitées en 2026, après la restauration de 2 017 écoles en 2025, bien que plus de 6 000 établissements nécessitent encore des réparations urgentes.
Dans le même temps, les États du Golfe ont également ouvert leurs classes, le Qatar introduisant un nouveau système de présence numérique baptisé "Hudouri" dans ses écoles et ses flottes de transport. Utilisant une technologie sans contact de reconnaissance palmaire, ce système vise à rationaliser le suivi des élèves, à alléger la charge administrative et à renforcer la discipline scolaire.


