Le professeur Moshe Gofen critique l'usage de sulfate de cuivre dans les eaux israéliennes

Le professeur Moshe Gofen alerte sur les risques du déversement de sulfate de cuivre en Méditerranée pour traiter la bactérie Synechococcus, redoutant une pollution majeure de l'eau potable en Israël.

WallaAuteur : Eli Ashkenazi
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Le professeur Moshe Gofen critique l'usage de sulfate de cuivre dans les eaux israéliennes
Photo : צילום: Walla.co.il

La décision de l'Autorité de l'eau de déverser du sulfate de cuivre dans la mer Méditerranée pour lutter contre une prolifération bactérienne suscite de vives inquiétudes chez les scientifiques. Le professeur Moshe Gofen, expert renommé des systèmes hydriques et ancien directeur du Laboratoire de recherche sur le lac de Tibériade, avertit que cette mesure d'urgence pourrait s'avérer plus nocive que bénéfique.

L'origine de la crise : l'invasion de Synechococcus

Cette intervention chimique vise à éliminer la prolifération de Synechococcus, une cyanobactérie microscopique mesurant entre 0,8 et 1,5 micron. Ces organismes ont obstrué les filtres des usines de dessalement israéliennes, entraînant leur mise à l'arrêt.

Le professeur Moshe Gofen explique que cette bactérie ne prolifère pas ainsi en temps normal. Cette anomalie suggère une modification du rapport azote/phosphore dans le bassin méditerranéen, potentiellement liée à des fuites locales de phosphore ou à des apports lointains transportés par le Nil depuis l'Afrique de l'Est, une piste qui reste à explorer.

Les risques du sulfate de cuivre en milieu ouvert

Le professeur Gofen qualifie cette décision de précipitée. Le sulfate de cuivre est un produit conçu exclusivement pour les milieux fermés, comme le traitement des parasites dans les bassins piscicoles ou le lavage agricole, et non pour un écosystème ouvert comme la mer Méditerranée.

Le professeur Moshe Gofen explique :

« Cette mesure nuira à la qualité de l'eau plus qu'elle ne l'améliorera. Le sulfate de cuivre ne détruira pas cette micro-bactérie, mais il éliminera ses concurrents naturels, ouvrant la voie à une prolifération encore plus grave. »

Le précédent alarmant de São Paulo

Cette mise en garde s'appuie sur l'expérience du professeur Gofen en tant que consultant lors d'une crise hydrique majeure à São Paulo, au Brésil. Les autorités locales y avaient déversé des tonnes de sulfate de cuivre dans un réservoir d'eau.

L'opération avait entraîné l'accumulation de sédiments toxiques au fond de l'eau, empoisonnant la faune aquatique. Privée de concurrence, la bactérie Synechococcus avait alors proliféré massivement, traversant les filtres à sable pour finir directement dans les robinets des habitations. Le professeur Gofen redoute un scénario similaire en Israël, avec un risque de contamination de l'eau potable par des résidus de cuivre.

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