Mayday : La comédie rétro d'Apple TV+ avec Ryan Reynolds rate son envol
La nouvelle comédie d'action d'Apple TV+, Mayday, avec Ryan Reynolds et Kenneth Branagh, tente de ressusciter l'esprit des années 80 mais s'écrase à cause d'un scénario plat et d'un manque de rythme.

Les années 1980 ont été marquées par les épaulettes, les coiffures volumineuses laquées et une obsession cinématographique pour la guerre froide. Des succès hollywoodiens comme L'Aube rouge (1984), Rambo 3 (1988) et Rocky 4 (1985) projetaient sur grand écran les angoisses occidentales face à l'Union soviétique. Un autre classique, Top Gun (1986), a transformé cette rivalité géopolitique en un spectacle aérien intense.
Le nouveau film d'Apple TV+, Mayday, réalisé par John Francis Daley et Jonathan Goldstein, tente de rendre hommage à cette époque du cinéma d'action. Cependant, malgré une prémisse nostalgique, le long-métrage peine à décoller.
Une intrigue de guerre froide sur de la glace fragile
L'action se déroule en 1987. Troy « Assassin » Kelly (Ryan Reynolds) est un pilote d'élite de l'US Navy. Ses talents exceptionnels lui valent une mission d'espionnage hautement classifiée dans l'espace aérien soviétique. Laissant derrière lui son père gravement malade, Troy s'envole pour une mission qui tourne au fiasco lorsqu'il est abattu au-dessus du territoire ennemi.
Isolé dans l'enfer blanc de la Sibérie, il croise la route de Nikolaï Oustinov (Kenneth Branagh), un ancien agent du KGB solitaire qui voue une admiration secrète à la culture pop américaine et au film Top Gun. Ensemble, ce duo improbable doit échapper à l'Armée rouge et au KGB pour ramener Troy sain et sauf de l'autre côté de la frontière.
Sur le papier, ce scénario possède tous les ingrédients d'une comédie d'action des années 80, rappelant des classiques du genre comme Double Détente (1988). Malheureusement, l'exécution n'est pas à la hauteur.
Un manque d'alchimie et des blagues recyclées
Pour qu'une comédie de type « buddy movie » fonctionne, l'alchimie entre les deux acteurs principaux doit être évidente. Si Ryan Reynolds et Kenneth Branagh ne s'en sortent pas trop mal, ils ne parviennent jamais à créer une véritable complicité. Le scénario, également écrit par Daley et Goldstein, enchaîne les dialogues prévisibles et les répliques plates.
Ce problème d'écriture affecte directement la performance de Reynolds. Bien qu'il soit un acteur talentueux, il est ici cantonné à son éternel personnage de Deadpool assagi, sans le costume rouge. Ses mimiques habituelles, son débit rapide et ses remarques sarcastiques sur la culture soviétique semblent recyclés d'une production Marvel.
Un film d'action sans action
Bien que présenté comme un film d'action rythmé, Mayday souffre d'un manque flagrant de dynamisme. Le film s'embourbe dans des longueurs excessives, offrant trop de temps morts et trop peu de scènes de tension.
Le film tente de combler le fossé culturel avec une bande-son des années 80 presque entièrement dédiée à Bruce Springsteen, mais ces choix musicaux ne suffisent pas à sauver un récit qui s'étire inutilement.
Au moment où le film atteint sa conclusion morale attendue — l'Américain réalisant que les Soviétiques ne sont pas tous mauvais, et le Russe comprenant que les Américains sont sympathiques mais naïfs —, l'ensemble ressemble à une pâle copie de ce que Sylvester Stallone avait réussi dans Rocky 4. Avec près de deux heures au compteur, Mayday finit par s'écraser sous le poids de ses propres promesses non tenues.





