Lutte contre le BDS, version argentine : le nouveau décret de Javier Milei
Le gouvernement argentin a approuvé un décret d'urgence permettant de révoquer la résidence et d'interdire l'entrée aux étrangers agissant contre l'État. Cette mesure fait suite à une vague de critiques virulentes après la Coupe du monde 2026, que le président Javier Milei qualifie de « campagne anti-Argentine » organisée.
S'inspire-t-il d'Israël ? Le président argentin Javier Milei a signé hier soir un décret d'urgence modifiant la loi sur l'immigration du pays. Cette mesure permet d'interdire l'entrée, de révoquer la résidence et même d'expulser les étrangers ayant diffusé des messages de haine, incité à la violence contre le peuple argentin en raison de leur nationalité, ou profané des symboles nationaux.
Cette décision, qui entrera en vigueur à la fin de la semaine, est assez similaire à l'amendement de 2017 à la loi sur l'entrée en Israël, qui permet à l'État d'empêcher par avance l'entrée et les permis de séjour aux étrangers appelant au boycott ou opérant au sein d'organisations BDS. Par exemple, en février 2025, la députée européenne française Rima Hassan s'est vu refuser l'entrée à l'aéroport Ben Gourion sur ordre du ministre de l'Intérieur Moshe Arbel, en raison de ses activités continues visant à promouvoir des boycotts contre l'État.
Selon le rapport de La Nacion, le décret ajoute de nouveaux critères pour le refus d'entrée : « messages de haine, oraux ou écrits », incitation à la violence sur fond national et participation à la profanation des symboles de l'État. Cependant, le décret souligne que la critique politique, académique ou civile légitime ne sera pas considérée comme un motif.
« La défense de la nation, de ses citoyens et de ses symboles n'est pas négociable. Quiconque attaque la République argentine n'est pas le bienvenu dans notre pays », indique le communiqué officiel du bureau du président.
« L'Argentine est raciste » : l'attaque des célébrités après la Coupe du monde
Cette mesure intervient quelques jours après la finale de la Coupe du monde 2026, où l'Argentine a perdu face à l'Espagne. Suite aux événements du tournoi, plusieurs célébrités ont lancé une attaque virulente contre l'Argentine. L'acteur américain Samuel L. Jackson a qualifié l'Argentine de « l'un des pays les plus racistes au monde » et a appelé la communauté noire à ne pas soutenir l'équipe. Mia Khalifa, Niall Horan et Arturo Pérez-Reverte ont également participé à cette vague de critiques.
Au sein du gouvernement Milei, on évoque une « campagne anti-Argentine » organisée, impliquant des éléments au Brésil, au Mexique et même au sein du Parti démocrate aux États-Unis. « 25 % des sources de financement de la campagne proviennent du gouvernement brésilien », a déclaré le président.
Les relations entre les deux plus grands pays d'Amérique du Sud sont en crise. Samedi dernier, Milei a participé à la conférence de lancement de la campagne du Parti libéral au Brésil, où il a qualifié le président en exercice Lula da Silva de « voleur » et de « criminel condamné ». En réponse, l'ambassadeur du Brésil à Buenos Aires a été rappelé pour consultations, tandis que l'ambassadeur d'Argentine à Brasilia a été convoqué pour un rappel à l'ordre.




