L'Italie suspend l'accord de Schengen avec l'Espagne face à la crise migratoire

Le gouvernement italien a officiellement annoncé la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne en raison d'une vague migratoire sans précédent à Ceuta. Environ 49 000 migrants sont entrés dans l'enclave espagnole en 24 heures.

WallaAuteur : עמית אביטן
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L'Italie suspend l'accord de Schengen avec l'Espagne face à la crise migratoire
Photo : צילום: Walla.co.il

Face à la crise migratoire, le gouvernement italien a officiellement annoncé vendredi la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne. Parallèlement, le ministère espagnol de l'Intérieur a déclaré qu'environ 48 300 migrants sont déjà retournés au Maroc. Il s'agit de la grande majorité des plus de 50 000 personnes ayant traversé la frontière vers Ceuta ces derniers jours. Selon les autorités espagnoles, beaucoup d'entre eux sont revenus volontairement faute de nourriture et de logement.

Les dimensions de cette vague migratoire inhabituelle s'avèrent bien plus importantes que les estimations initiales. Le ministère espagnol de l'Intérieur estime qu'environ 49 000 migrants sont entrés dans l'enclave espagnole en Afrique du Nord en l'espace de 24 heures, par voie terrestre et maritime. Ce chiffre équivaut à plus de la moitié de la population de Ceuta et constitue un événement sans précédent, dépassant largement les crises précédentes.

Des milliers de personnes ont escaladé la clôture frontalière ou nagé autour des brise-lames de la plage de Tarajal. Parmi les arrivants figuraient des citoyens marocains et des migrants originaires d'Afrique subsaharienne, notamment des familles et des enfants.

Selon l'agence AP, au moins 18 personnes ont trouvé la mort lors des tentatives de traversée, par noyade ou dans des bousculades. De nombreux migrants, dont des mineurs non accompagnés, se sont retrouvés sans abri et ont passé la nuit dans les rues et les parcs de la ville.

Le président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, a qualifié la situation d'« urgence humanitaire et sociale », avertissant que les autorités locales ne peuvent gérer la crise seules. Madrid a rejeté la demande d'état d'urgence national, arguant que la situation ne répond pas à la définition légale requise.

En réponse, le gouvernement espagnol a mobilisé l'armée pour renforcer la Garde civile et la police. Des forces terrestres ont été déployées le long de la frontière, parallèlement au renforcement des patrouilles maritimes et aériennes. Le Maroc a également renforcé ses forces de sécurité de son côté de la clôture.

Les raisons de ce mouvement massif restent floues. Certains lient l'événement à une décision récente de la Cour suprême espagnole qui complique le renvoi immédiat des migrants, une décision que les réseaux de passeurs auraient utilisée comme argument. D'autres évoquent le taux de chômage élevé des jeunes au Maroc et les plans de régularisation de l'Espagne.

La crise s'est rapidement propagée à l'échelle européenne. La France a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Espagne, craignant une progression des migrants vers le nord. De son côté, Madrid s'est indigné de la position italienne, le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares qualifiant les déclarations italiennes d'« inappropriées » et accusant Rome de démagogie politique.

La Commission européenne a proposé à l'Espagne une assistance opérationnelle et financière, notamment via le renforcement de l'agence Frontex. Le commissaire européen aux Affaires intérieures et à la Migration, Magnus Brunner, a souligné que la protection des frontières extérieures de l'Europe est une responsabilité partagée.

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