Piratage de 320 millions en bitcoins sur Liquid sur fond de soupçons d'IA

Près de 4 000 bitcoins d'une valeur de 320 millions de dollars ont été dérobés sur le réseau Liquid, alimentant les débats sur l'implication potentielle d'une intelligence artificielle.

ICEAuteur : Yossef Dolgopolsky
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Piratage de 320 millions en bitcoins sur Liquid sur fond de soupçons d'IA
Photo : ICE / האקר ביטקוין (צילום אילוסטרציה shutterstock)

Environ 4 000 bitcoins, d'une valeur estimée à 320 millions de dollars, ont été retirés d'un portefeuille appartenant au réseau Liquid lors d'une cyberattaque survenue cette semaine. Selon les rapports, les fonds ont été transférés via un mécanisme permettant de sortir des bitcoins du réseau, ce qui a conduit Liquid à suspendre de nouvelles transactions. Au-delà de la question de savoir qui se cache derrière ce piratage, une interrogation fascinante a surgit : une intelligence artificielle avancée a-t-elle participé à l'identification de la faille ?

Chronologie et lancement de GPT-6 Astra

Le principal motif de suspicion réside dans le calendrier. Trois seulement avant le retrait des fonds, OpenAI a lancé GPT-6 Astra, un nouveau modèle présenté par l'entreprise comme le plus performant en matière de cybersécurité. D'après OpenAI, Astra est son premier modèle à atteindre le niveau « Critical » en compétences cybernétiques. Cela signifie qu'associé aux outils et autorisations adéquats, le modèle est capable de détecter des vulnérabilités de sécurité inédites et de concevoir des méthodes pour les exploiter sur des systèmes protégés, sans intervention humaine constante.

OpenAI a publié des données illustrant l'amélioration spectaculaire de cette capacité. Lors de tests internes, Astra est parvenu à identifier deux vulnérabilités de type zero-day et à les exploiter. L'entreprise a indiqué œuvrer pour divulguer ces failles aux éditeurs des logiciels concernés. Lors d'autres tests, le modèle a réussi à repérer des faiblesses dans des systèmes durcis et à échafauder des scénarios d'attaque susceptibles de permettre une prise de contrôle.

Le bémol : l'absence de preuve formelle

Cependant, une réserve fondamentale s'impose : il n'existe actuellement aucune preuve qu'Astra ait été impliqué dans le piratage de Liquid. Le média Protos, auteur de l'une des principales enquêtes sur l'incident, a souligné que plusieurs observateurs avaient évoqué l'éventualité d'un recours à l'IA par le pirate, notamment en raison de la proximité temporelle avec le lancement d'Astra. Néanmoins, le site n'a pas pu confirmer que la vulnérabilité exploitée avait été découverte par une IA, pas plus qu'il n'existe d'indice public indiquant que le pirate a spécifiquement utilisé Astra.

Cet événement illustre la transformation profonde du monde de la cybersécurité. Auparavant, un hacker cherchant une faille requérait des compétences techniques poussées, du temps et parfois toute une équipe. Aujourd'hui, les modèles avancés peuvent accomplir une partie de ce travail de manière autonome, de l'analyse du code à la recherche de points faibles. Si cette capacité aide les chercheurs à corriger les failles en amont, elle constitue également une menace entre de mauvaises mains. OpenAI avertit d'ailleurs que la progression des compétences d'Astra exige des barrières défensives renforcées.

À ce stade, aucune preuve ne démontre donc que le chatbot a facilité le vol de ces centaines de millions de dollars à Liquid. Toutefois, le simple fait que cette hypothèse soit jugée suffisamment crédible pour alimenter le débat met en lumière le bouleversement en cours : la guerre entre pirates et systèmes de défense pourrait rapidement se transformer en un duel entre intelligences artificielles.

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