Le Likoud face au défi de la mobilisation et des voix perdues avant le scrutin

À l'approche des élections, le Likoud intensifie sa campagne pour mobiliser ses électeurs et éviter que des voix ne soient gaspillées sur de petits partis risquant de ne pas franchir le seuil électoral.

Source :Maariv
Le Likoud face au défi de la mobilisation et des voix perdues avant le scrutin
Photo : רועי אברהם/ לע״מ

Alors que la campagne électorale entre dans sa dernière ligne droite, le Likoud fait face à une double course contre la montre : mobiliser des électeurs de droite traditionnellement moins assidus aux urnes, et empêcher la perte de voix cruciales au profit de petites listes oscillant autour du seuil électoral. Des discussions internes au sein du parti soulignent un risque majeur : si ces listes ne parviennent pas à franchir le seuil, jusqu'à cinq mandats de droite pourraient être perdus.

Pour les stratèges du parti, les implications sont dramatiques. Si aucune de ces petites formations ne se retire, il paraît difficile d'envisager comment le bloc de droite atteindra la majorité convoitée de 61 sièges. Cette situation a déclenché de fortes pressions sur les partis dits de seuil, conjuguées à un effort accru de mobilisation dans les bastions du Likoud et de la droite.

Le défi du Likoud est exacerbé par des schémas de vote traditionnels. La participation électorale à droite accuse historiquement un retard par rapport au camp opposé à Nétanyahou, nécessitant un déploiement de ressources plus lourd le jour du scrutin. Cet obstacle touche non seulement le Likoud et le Sionisme religieux, mais se fait également ressentir au sein des formations ultra-orthodoxes.

Le dilemme persistant des petits partis

Au cœur de cette équation complexe figurent diverses listes de droite ou périphériques. La classe politique suit de près le parti dirigé par Ofer Winter, ainsi que la liste commune de Yoaz Hendel et Yaron Zelecha, dont les sondages oscillent de part et d'autre du seuil d'éligibilité.

Malgré des semaines d'efforts en coulisses déployés par le Likoud pour affaiblir ces listes ou provoquer leur désistement, des sources proches de la campagne admettent que la stratégie a largement échoué. Pour le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, le dilemme est double : si ces listes se présentent et échouent, elles gaspillent des voix indispensables ; si elles réussissent, elles pourraient devenir maîtresses du jeu et utiliser leur poids politique contre une coalition dirigée par Nétanyahou.

Des formations mineures supplémentaires, telles que Maoz et le parti HaTzibur HaHaredi, compliquent encore le paysage en menaçant d'absorber des pourcentages décisifs de suffrages. En privé, des responsables avertissent qu'un total cumulé de cinq mandats pourrait rester hors de la Knesset.

Nétanyahou passe en mode blitz

Face à ces vulnérabilités structurelles, Nétanyahou a lancé une offensive intensive sur le terrain et dans les médias, visant à réveiller la base électorale, à convaincre les indécis et à stimuler la participation dans les bastions du parti. Nétanyahou doit visiter quotidiennement plusieurs villes acquises à la droite.

Les évaluations internes du Likoud reflètent deux visions distinctes. Les optimistes croient que le bloc peut encore atteindre la barre des 61 sièges, tandis que les pessimistes demeurent prudents. Des signaux encourageants suggèrent toutefois que les craintes initiales d'une abstention massive à droite s'atténuent.

Cependant, même si la participation augmente, la menace de voix gaspillées persiste. Sans garantie que les partis de seuil franchiront la barre, le chemin vers une coalition stable reste étroit, laissant planer l'ombre d'une nouvelle impasse politique.

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