Élections en 2027 : un scénario qui n'est plus imaginaire
Le paysage politique israélien est bloqué dans un cycle rappelant 2019 plutôt que 1992. Les recherches montrent que les élections répétées deviennent un moyen pour les politiciens d'éviter de rompre leurs promesses électorales. Si l'on en croit les déclarations des chefs de parti, un nouveau scrutin devient une perspective très réelle.

Le candidat du bloc au poste de Premier ministre obtient une majorité claire de 65 députés et célèbre sa victoire, mais lors de la formation du gouvernement, les choses commencent à mal tourner. Un camp de la coalition insiste sur ses principes, tandis que les partenaires potentiels adoptent une ligne dure.
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Tout le monde est sûr qu'il s'agit d'une tentative d'améliorer les positions dans les négociations, mais le leader est tout à fait sérieux. À la stupéfaction générale, 74 députés dissolvent la Knesset un mois et demi après les élections. Et celui qui a insisté ? Il est récompensé et en plein essor lors des prochaines élections. Il s'appelle Avigdor Lieberman, d'ailleurs. Ce n'est pas une prévision hypothétique, c'est exactement ce qui s'est passé il y a seulement sept ans.
La mélodie revient
Le scénario qui circule à droite ces derniers temps est le slogan de mobilisation « 1992 revient », évoquant des souvenirs d'Oslo, d'attentats terroristes et de l'assassinat d'Yitzhak Rabin. Le désordre dans le camp national leur rappelle le parti « Tehiya », qui n'a pas franchi le seuil électoral, remettant le gouvernement à la gauche. Ce scénario sera plus clair dans deux semaines, lorsque les listes définitives des candidats à la Knesset seront connues.
En attendant, il faut regarder droit devant une autre possibilité tout à fait réaliste : 2019 revient, et les élections répétées sont de nouveau sur la table.
Il y a deux semaines, nous écrivions sur ce qui pourrait arriver si le « bloc du changement sioniste » obtenait 61 sièges et sur la tentative attendue de Naftali Bennett et Avigdor Lieberman de s'unir pour former le gouvernement à la place de Gadi Eizenkot. Mais que se passera-t-il si le bloc sioniste n'a pas de majorité à la Knesset ?
Il existe l'option révolutionnaire de croire toutes les déclarations des politiciens. Malgré l'écart entre les différents sondages des chaînes de télévision, aucun ne donne au bloc du changement une majorité sioniste, et l'unification des partis arabes cette semaine n'a fait qu'aggraver la situation. Nous abordons la possibilité où aucun camp ne peut former de gouvernement.
Note de la rédaction : Plus qu'il n'est intéressant de prédire l'avenir, il est important de comprendre comment l'option d'une dissolution rapide de la Knesset modifie le comportement des acteurs dans le présent.
Signes des élections de 2027
Gadi Eizenkot a récemment commencé à parler d'un gouvernement minoritaire de 58 députés, reposant sur l'abstention des partis arabes. Il est difficile d'exagérer le caractère dramatique de cette mesure : en pleine campagne électorale, un candidat au poste de Premier ministre tente de séduire le public avec un gouvernement sans majorité. Keren Turner, du parti de Bennett, a qualifié cela de « défaitisme ». Cependant, il n'est pas certain que dans leur situation actuelle, le parti « Beyad » pleurerait un autre cycle d'améliorations.
Ensuite, Avigdor Lieberman a été interviewé cette semaine pour le podcast de Sefi Ovadia et Lior Keinan, où il a fermement refusé un gouvernement minoritaire et a posé un autre ultimatum : même si le bloc dispose de plus de 61 mandats, sans « conditions minimales » concernant la conscription et une constitution, il préférera de nouvelles élections plutôt que de rejoindre le gouvernement. Ajoutez à cela un rejet clair d'un gouvernement minoritaire de la part de Chili Tropper, Gilad Erdan et Benny Gantz, et le résultat est sans équivoque : si personne ne change d'avis, à l'heure actuelle, le 28 octobre, nous ouvrirons nos agendas pour les élections de l'année prochaine.
Encore ce mensonge
Nous avons vérifié cette question dans un sondage spécial cette semaine. Dans le bloc de Benjamin Netanyahou, la réponse est claire : la majorité absolue (76 %) choisira Aryeh Deri et Yitzhak Goldknopf. Cependant, 16,5 % d'entre eux (environ 9 mandats) préféreraient retourner aux urnes.
Dans le bloc du changement, la situation est beaucoup plus divisée : plus de la moitié des répondants préfèrent un gouvernement avec les Arabes, tandis qu'une alliance avec les Haredim arrive en dernière position. Mais faites attention : un opposant sur cinq préférerait des élections répétées. Les principaux partis du bloc favorables à cette option sont « Yashar ! » (26 %) et « Yisrael Beytenou » (23 %).
En d'autres termes, un chef de parti du bloc du changement se dira : si mon électorat est si divisé sur la question de savoir quoi faire sans majorité, il y a une option qui n'implique au moins aucune rupture de promesse : retourner vers le peuple. Dans toute autre option, vous mentez aux électeurs et vous vous mettez à dos une grande partie d'entre eux. Dans le cas d'élections répétées, vous restez au moins fidèle à vos principes.
La solution possible a été répétée ici encore et encore : dans la prochaine Knesset, il y aura environ 90 députés qui ne sont ni Haredim ni Arabes et qui pourraient facilement former un gouvernement large et stable. Mais dans l'atmosphère actuelle, ils ne pensent même pas à le faire.
Les statistiques de ces dernières années sont sans équivoque : sur quatre campagnes électorales sans décision claire (seule celle de 2022 a abouti), deux fois un gouvernement fragile a été formé et s'est effondré après un an, et deux fois les députés ont choisi de retourner aux urnes. Les acteurs prennent ce scénario en compte. En 2019, il s'est avéré qu'une campagne électorale ne peut être que les primaires de la campagne suivante. Si les acteurs avaient traité les élections comme décisives, ils auraient pu faire preuve de souplesse. Mais quand ils comprennent qu'elles ne sont qu'une préparation aux prochaines élections, tout le monde grimpe aux arbres.


