Yair Golan poursuit Sara Netanyahu en justice pour diffamation

Le chef des Démocrates Yair Golan a intenté un procès en diffamation de 2,55 millions de shekels contre Sara Netanyahu suite à ses propos insinuant qu'il connaissait l'attaque du 7 octobre.

MaarivAuteur : Anna Barsky
Source
Yair Golan poursuit Sara Netanyahu en justice pour diffamation
Photo : Maariv / יאיר גולן נגד שרה נתניהו | צילום: ללא

Yair Golan, chef du parti des « Démocrates » et général de division (rés.), a déposé jeudi un recours en diffamation et dommages-intérêts de 2,55 millions de shekels auprès du tribunal de district du Centre à Lod contre l'épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu. Cette action en justice fait suite aux déclarations de Sara Netanyahu lors d'une interview accordée à la chaîne 14, dans lesquelles elle a suggéré que Golan avait eu connaissance à l'avance des attaques terroristes du Hamas du 7 octobre.

La plainte, déposée par l'intermédiaire des avocats Giora Erdinast, Almog Gil-Or et Yarden Shohat du cabinet EBN, intervient après le refus de Mme Netanyahu de présenter des excuses ou de retirer ses propos. Selon la plainte, ces théories du complot ont été forgées par des individus cherchant à fuir leurs responsabilités dans la pire catastrophe de l'histoire du pays, dans le but d'inciter à la haine contre Golan et de salir la réputation d'un homme qui a risqué sa vie pour sauver des civils dans l'enveloppe de Gaza.

Menaces de sécurité et préméditation

Le dossier révèle qu'à la suite de la diffusion, les services de renseignement ont émis des avertissements concrets concernant des projets d'attentat contre Golan, parallèlement à un rapport faisant état d'une hausse de 450 % des incitations en ligne. Le niveau de menace a contraint à renforcer considérablement la sécurité privée autour de lui. En outre, la plainte indique qu'un conseiller de Netanyahu a visionné l'entretien avant sa diffusion, prouvant la préméditation.

Dans une démarche juridique inédite, la plainte dépasse le cadre de la diffamation en réclamant des réparations civiles pour l'infraction pénale d'incitation à la violence, en s'appuyant sur l'article 144 du Code pénal. Golan demande au tribunal de juger que les propos ont franchi le seuil pénal d'encouragement à la violence, exigeant des dommages-intérêts doublés sans preuve de préjudice.

Réactions et défense

Dans une déclaration conjointe, Golan et son avocat ont qualifié la procédure d'acte d'accusation civil contre un gouvernement qui a perdu toute retenue. « Pendant des années, la famille Netanyahu et ses affidés ont qualifié de traîtres tous ceux qui osent les critiquer », est-il écrit. Golan a rappelé qu'il s'est réveillé au son des sirènes le 7 octobre et s'est précipité pour sauver des festivaliers de la rave party Nova.

L'avocat Giora Erdinast a souligné la gravité des insinuations, rappelant le climat délétère ayant précédé l'assassinat d'Yitzhak Rabin en 1995, et affirmant que ces propos mettent en danger tangible la vie de son client.

Dans la même rubrique