Le père a poursuivi son fils : le drame juridique qui a atteint la Cour suprême
La Cour suprême d'Israël a statué qu'un père ne peut annuler une vente immobilière enregistrée au nom de son fils. La cour a appliqué la « présomption de cadeau » dans les relations parents-enfants.

De nombreux parents financent des transactions immobilières pour leurs enfants en enregistrant la propriété à leur nom, mais que se passe-t-il lorsque le parent souhaite revenir en arrière ? Dans un conflit familial ayant atteint la Cour suprême, il a été établi qu'un père ayant financé l'achat d'un terrain d'un dunam et demi, enregistré au nom de son fils, ne peut annuler une transaction par laquelle le fils a vendu ce terrain à un tiers pour 200 000 shekels.
L'affaire a débuté par l'achat d'un terrain de 1 500 m², entièrement financé par le père, avec des droits officiellement enregistrés au registre foncier au nom du fils. Plus tard, le fils a signé un accord de vente à un acheteur extérieur. Le père a alors déposé plainte devant le tribunal de district pour exiger l'annulation de la vente, affirmant être le véritable propriétaire et que l'enregistrement n'était qu'une « fiducie », niant toute intention de faire un « cadeau ».
Le fils, représenté par l'avocat Azmi Younis Nassar, a soutenu qu'il s'agissait d'un cadeau. L'acheteur, représenté par l'avocate Marua Khalu Ali, a souligné avoir acquis le bien de bonne foi et contre rémunération.
Les juges de la Cour suprême ont rejeté l'appel du père, expliquant la distinction entre les transactions ordinaires et celles entre parents et enfants. La cour a déterminé que si le financement d'un bien pour autrui implique généralement une fiducie, dans les relations parents-enfants, la présomption juridique est inversée en une « présomption de cadeau », où le parent a l'intention de transmettre le bien comme un don absolu.
Le tribunal a jugé que le parent supporte une charge de preuve particulièrement lourde, surtout lorsque le bien est inscrit au registre foncier. En l'espèce, le père n'a pas rempli cette charge, ayant prouvé qu'il apportait régulièrement un soutien financier à tous ses enfants. Le verdict du tribunal de district a été confirmé, et le père a été condamné à verser 10 000 shekels de frais de justice. Le verdict a été rendu par les juges Alex Stein, David Mintz et Yael Willner.
L'avocate Marua Khalu Ali a déclaré : « Le verdict de la Cour suprême renforce le statut du registre comme pierre angulaire du droit immobilier. Le tribunal a déterminé que les revendications non ancrées dans le registre ne l'emportent pas sur les droits d'un tiers ayant agi de bonne foi. »




