Le harem perdure - et la loi n'a pas de réponse : Le « trou noir » autour d'Igal Ratzon
Le fils de Goel Ratzon entretient une relation avec neuf femmes sous un même toit. Le psychologue clinicien Amos Prives explique pourquoi les autorités ont du mal à intervenir - et quand le consentement peut se transformer en exploitation : « Une réalité problématique qui ne devrait pas exister ».

Le drame familial qui secoue le pays revient à la une, et cette fois-ci, ce n'est pas Goel Ratzon qui est au centre, mais son fils, Igal Ratzon. Dans une interview qui a provoqué une tempête sur le réseau, Igal a déclaré qu'il soutenait la voie de son père et qu'il entretenait, selon ses dires, des « relations complexes » avec neuf femmes : il est marié à l'une d'entre elles, et avec les huit autres, il entretient des liens familiaux profonds sous un même toit.
Alors que le public se demande comment cela est possible, il semble que les autorités soient impuissantes face à ce qui ressemble à une secte à part entière. Pour comprendre ce phénomène, nous avons discuté avec le psychologue clinicien Amos Prives, directeur du service psychologique de l'institut du Collège académique de gestion, qui a fourni des éclairages sur cette réalité complexe.
Selon Prives, il ne faut pas se bercer d'illusions en pensant que nous vivons dans une société progressiste et exempte de phénomènes anormaux.
« Même en cette année, alors qu'il nous semble qu'il n'y a plus de problèmes anormaux, la réalité est totalement différente », a-t-il affirmé.
À titre d'exemple, il a cité le fait que, même aujourd'hui, des sectes existent dans la société et que divers rituels sont pratiqués, comme « l'exorcisme du mauvais œil ». Selon lui, le phénomène d'Igal Ratzon est une autre facette de cette même arriération sociale.
Prives a également soulevé la question de savoir ce qu'est l'amour, et s'il s'agit dans ce cas de « relations diluées », où neuf femmes partagent un seul homme, ou d'une réalité plus sombre. Selon lui, certaines personnes sont attirées par la « magie » de l'effacement de soi. Alors que certains d'entre nous cherchent à exprimer leur singularité, pour d'autres, le besoin le plus profond est de « s'effacer » et de s'annuler devant un leader charismatique pour ressentir un sentiment d'appartenance.
L'une des questions centrales que soulève cette affaire est de savoir pourquoi la loi ne permet pas d'arrêter ce phénomène. Selon Prives, l'État a du mal à intervenir car il s'agit de femmes majeures qui ont choisi cela de leur plein gré et qui connaissent les positions d'Igal depuis des années.
Prives a comparé cela à des situations légales mais controversées, comme une relation entre un homme de 70 ans et une jeune femme de 20 ans — une situation où, selon lui, il est clair qu'il existe un problème, mais où il est difficile de fixer une ligne rouge juridique.
Prives a défini la situation dans la famille Ratzon de manière provocatrice comme une « orgie figée dans le temps entre adultes ». Bien que la bigamie soit interdite par la loi et qu'il soit clair que des manipulations sectaires sont à l'œuvre, la question de savoir quand le consentement devient une exploitation reste ouverte.
« Il est clair et sans équivoque qu'il s'agit d'une réalité problématique qui ne devrait pas exister », a conclu Prives, « mais il reste très difficile de tracer une ligne et de fixer une ligne rouge ».
Il semble que tant qu'Igal Ratzon ne viole pas la loi sèche sur « l'âge du consentement », il continuera à entretenir son harem, tandis que l'État est contraint de regarder de côté, impuissant.




