La « mauvaise côte » d'Égypte : le paradis des riches devient une arène de lutte
La côte nord de l'Égypte, devenue une destination de luxe, est au cœur d'une controverse. Entre restrictions d'accès, frais exorbitants et critiques sur les investissements étrangers, les propriétaires de biens immobiliers se révoltent contre une gestion jugée déconnectée de la réalité.
La côte nord de l'Égypte est devenue l'une des destinations touristiques les plus importantes du pays. La région a connu une expansion significative ces dernières années, avec la construction d'hôtels et de projets de luxe destinés à une population aisée, alors que la majorité des Égyptiens fait face à une réalité économique difficile.
Les zones côtières, notamment entre la nouvelle ville d'El-Alamein et Ras El-Hekma, sont qualifiées par certains Égyptiens de « mauvaise côte » en raison des prix élevés, des règles d'entrée strictes et du fait que ces lieux sont réservés à une élite représentant, selon les rapports, moins d'un pour cent de la population. La critique publique ne porte pas seulement sur les prix, mais aussi sur les investissements étrangers, certains affirmant que l'État brade ses terres à des entreprises étrangères pour tenter de surmonter la crise économique.
Problèmes au « paradis »
Si les riches Égyptiens semblaient jusqu'ici profiter de leurs maisons de vacances, la situation a changé. Des propriétaires dénoncent des règles difficiles à respecter, des restrictions sur l'accueil des invités et un accès limité aux plages. Par exemple, des frais d'adhésion de 3 000 dollars seraient facturés pour seulement trois visites à la plage de l'hôtel El-Alamein, qui fait partie du complexe « Marassi », détenu par les Émirats arabes unis.
Hanan Al-Sharawi, propriétaire à Marassi, a témoigné de l'impossibilité de recevoir des invités, même sa propre famille. L'avocate Nihad Abu El-Komsan a également raconté avoir été empêchée d'accéder à la plage avec des amis propriétaires, ces derniers devant payer des frais supplémentaires pour chaque invité.
Recours judiciaires et débat politique
La direction de « Marassi » justifie ces mesures par la nécessité de préserver la vie privée, de réguler l'utilisation des installations et de lutter contre la location informelle. Toutefois, de nombreux propriétaires ont saisi la justice pour demander des compensations, estimant que ces nouvelles procédures modifient les droits acquis lors de l'achat. Certains envisagent même de revendre leurs biens.
Ces événements ont suscité un débat national sur la question : « À qui appartient la mer ? ». Un ingénieur égyptien a critiqué le gouvernement, l'accusant de « supplier les investisseurs du Golfe » et de céder à toutes leurs conditions. La facturation de services en devises étrangères au sein même de l'Égypte alimente également la polémique.
Enfin, certains activistes, comme Gamal Wali, tentent d'associer ces projets à Israël, qualifiant ces zones de « colonies émirato-israéliennes ». Dans ses publications, il affirme que « ce qu'Israël n'a pas pu obtenir par des guerres, les autorités égyptiennes le lui transfèrent par l'intermédiaire des Émirats », illustrant ainsi la forte charge politique entourant ces investissements étrangers.




