Kosovo : démission du chef de la police après le meurtre d'une femme ignorée par la justice

Le meurtre d'Arlinda Zeqaj au Kosovo, survenu malgré ses avertissements répétés aux autorités, déclenche des manifestations massives et la démission du chef de la police nationale. Dix-neuf policiers ont été suspendus.

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Le meurtre brutal d'Arlinda Zeqaj, âgée de 49 ans, au Kosovo, a provoqué une immense indignation et des manifestations de masse après la révélation qu'elle avait adressé une lettre désespérée aux procureurs, prévenant que sa vie était en danger, trois jours seulement avant d'être assassinée à la hache à son domicile de Peja. La victime avait signalé à plusieurs reprises des violences conjugales et des menaces de la part de son ex-mari, Jeton Silaj. Malgré l'émission d'une ordonnance de protection en septembre, la police et les autorités judiciaires n'ont pas agi efficacement. Quelques heures avant son meurtre le 25 octobre, elle avait déposé une nouvelle plainte, conduisant à l'arrestation temporaire de son ex-mari, mais elle avait été renvoyée chez elle sans escorte policière. Peu après, le beau-frère de la victime, Albert Silaj, l'a poignardée à mort selon l'enquête.

Le scandale a mis en lumière de graves dysfonctionnements au sein des forces de l'ordre kosovares. Le ministre de l'Intérieur, Xhelal Sveçla, a annoncé la suspension de 19 policiers, dont des commandants supérieurs de la région de Peja, ainsi que de la procureure générale locale et de la magistrate en charge du dossier. Les enquêtes ont révélé que les ordonnances de protection n'avaient pas été appliquées correctement et que les demandes d'évaluation des risques avaient été ignorées. Face à la pression publique et aux manifestations massives où des manifestants ont jeté de la peinture rouge sur les bâtiments gouvernementaux, le chef de la police nationale, Gazmend Hoxha, a présenté sa démission, invoquant la responsabilité morale et la nécessité prépondérante de préserver la confiance du public.

Alors que le Premier ministre Albin Kurti a nommé Fehmi Hoti au poste de chef de la police par intérim, les manifestants continuent d'exiger la démission des ministres de l'Intérieur et de la Justice. Zeqaj est la huitième femme tuée cette année au Kosovo dans le cadre de violences domestiques, selon les organisations de défense des droits des femmes. Le Parlement a ouvert une enquête sur cette affaire qui suscite un débat national brûlant sur la protection des citoyens.

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