Aide militaire : Israël face à un déficit de 10 milliards de dollars

Israël cumule des milliards de commandes militaires au-delà des fonds promis par Washington, complexifiant le projet de Donald Trump de mettre fin à l'aide directe américaine.

Aide militaire : Israël face à un déficit de 10 milliards de dollars
Photo : משרד הביטחון

Israël a commandé pour des milliards de dollars de matériel militaire aux États-Unis au-delà des engagements de financement de Washington, illustrant la complexité d'une éventuelle fin de l'aide américaine, selon un document du Département d'État transmis au Congrès. Alors que les États-Unis se sont engagés à verser près de 7 milliards de dollars d'aide militaire pour les deux prochaines années, Israël aura besoin d'environ 10 milliards supplémentaires après 2028 pour honorer les commandes enregistrées jusqu'au 1er avril.

Le président Donald Trump a annoncé cette semaine son intention de cesser l'aide militaire directe à Israël, une déclaration qui a pris par surprise les responsables à Jérusalem, y compris au sein de l'appareil de défense. Cette annonce intervient dans un contexte politique tendu aux États-Unis, marqué par des revers électoraux pour les républicains, où la politique étrangère et les relations avec Israël ont figuré au cœur des débats électoraux.

En vertu des accords actuels, Israël perçoit 3,3 milliards de dollars par an via le financement militaire étranger (FMF), lui permettant d'acquérir des équipements sophistiqués auprès de fournisseurs américains. À cela s'ajoutent les quelque 26 milliards de dollars d'aide supplémentaire approuvés par le Congrès après les événements du 7 octobre 2023. Les documents officiels indiquent que le financement des commandes en suspens au-delà de 2028 devra être assumé soit par Washington, soit par le budget israélien.

En parallèle, des parlementaires américains élaborent des dispositions législatives visant à transformer l'aide traditionnelle en investissements conjoints pour la production de technologies de défense. Si les partisans y voient un renforcement de la coopération bilatérale à l'image du Dôme de fer, les critiques soulignent les risques d'une intégration accrue dans les chaînes d'approvisionnement du Pentagone.

Une transition brutale s'avère difficile en pratique. Israël consacre déjà environ 7 pour cent de son PIB à la défense, un niveau supérieur à celui des pays de l'OTAN, et l'absorption intégrale des coûts pour de futures acquisitions majeures, telles que les chasseurs F-35, pèserait lourdement sur les finances publiques. Des experts estiment qu'un arrêt immédiat du soutien financier demeure peu probable à court terme en raison des obligations contractuelles en cours.

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