Au cœur des urgences en Israël : la haute lutte quotidienne des urgentistes
Les chefs des services de traumatologie en Israël racontent la réalité intense de leur quotidien, entre urgences vitales, gestion du stress et profonde vocation.

Travailler dans les services de traumatologie hospitaliers signifie faire face à des décisions de vie ou de mort en quelques secondes, portés par un engagement indéfectible. Les directeurs des grands centres de traumatologie en Israël décrivent une réalité incessante marquée par des blessures graves, des accidents et des actes de violence. Malgré la lourde charge psychologique et l'impact sur leur vie personnelle, ces professionnels de santé trouvent un sens profond à leur mission.
Le Dr Hani Bahouth, chef du service de traumatologie au campus médical Rambam à Haïfa, souligne que l'hôpital gère un nombre considérable de cas graves, notamment des soldats blessés et des victimes de violences. Chaque appel d'urgence exige une action immédiate et une préparation mentale rigoureuse, combinant expérience clinique et protocoles spécialisés pour faire face aux situations les plus complexes.
Au Centre médical de Tel-Aviv Ichilov, le Dr Eyal Hashavia compare le mode de vie des urgentistes à celui de moines bouddhistes, entièrement dévoués à leur mission. Contrairement aux moines, ils reçoivent régulièrement des témoignages de reconnaissance émouvants de la part de patients et de familles, qu'il s'agisse de lettres manuscrites, de visites ou de messages de soutien.
Le Dr Ori Yislovitz, responsable de l'unité de traumatologie du Centre médical Meir, explique que son service traite chaque année environ 3 000 blessés, dont plus de 330 dans un état critique. Agir contre la montre exige une concentration absolue, où les émotions sont mises de côté pour maximiser les chances de survie des patients. La plus belle récompense reste de voir un ancien patient reprendre une vie normale.
La pédiatrie présente des défis émotionnels singuliers. Le Dr Ron Barnet, chef des urgences pédiatriques au Centre médical pour enfants Schneider, évoque la difficulté de passer de la lutte acharnée pour sauver un enfant à l'obligation d'annoncer une tragique nouvelle aux parents. La rigueur technique laisse place à l'émotion une fois le calme revenu.
La Pr Shachaf Shiber, directrice des urgences de l'hôpital Beilinson, se souvient de la prise en charge de victimes d'attentats. Face à la détresse des enfants et à la détermination sans faille des équipes médicales, elle réaffirme la vocation essentielle de ces structures hospitalières en première ligne.





