L'Iran lance un appel direct aux électeurs américains dans une lettre ouverte
Les gardiens de la révolution iraniens ont publié une lettre ouverte exhortant les électeurs américains à rejeter les alliés de Donald Trump lors des prochaines élections.

Dans un geste diplomatique aussi cynique qu'ironique, le Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran a publié une lettre ouverte de 26 pages adressée directement aux citoyens américains. Diffusée à cinq semaines des élections de mi-mandat prévues le 3 novembre, Téhéran exhorte les électeurs à utiliser leur pouvoir démocratique pour évincer les alliés du président Donald Trump, stopper le soutien à Israël et mettre fin à l'implication militaire américaine au Moyen-Orient.
Une manœuvre de propagande ciblée
Publié simultanément en anglais et en persan, le document utilise une rhétorique démocratique pour inciter les Américains à changer leur direction politique. "Écartez du pouvoir les politiciens mauvais, menteurs et violents qui sont responsables de la situation actuelle de l'Amérique", peut-on lire dans le texte. Téhéran tente ainsi d'exploiter les tensions politiques à Washington, exacerbées par la hausse des prix de l'énergie et le coût de la vie.
"Écartez du pouvoir les politiciens mauvais, menteurs et violents qui sont responsables de la situation actuelle de l'Amérique."
Les sondages récents montrent une forte préoccupation du public américain face à l'inflation et aux opérations militaires au Proche-Orient. En s'adressant directement au corps électoral, le régime iranien cherche à influencer l'opinion publique pour alléger la pression militaire et économique qui pèse sur son économie et sa monnaie, le rial, tombée à un niveau historiquement bas.
Pressions militaires et impasses diplomatiques
Parallèlement, Téhéran tente de présenter le retrait des troupes américaines d'Irak comme une victoire majeure, bien que les experts redoutent un vide sécuritaire profitable aux milices supplétives. Le président Donald Trump a d'ailleurs rejeté une offre iranienne visant à rouvrir le détroit d'Hormuz en échange d'un cessez-le-feu, réaffirmant sa confiance dans la stratégie de pression maximale.
Alors que le Qatar intensifie ses efforts de médiation pour rétablir la libre navigation maritime, le démantèlement du programme nucléaire iranien demeure le principal point de blocage des négociations. Téhéran, acculé sur le plan intérieur, tente désespérément d'instrumentaliser la démocratie américaine qu'elle réprime pourtant sévèrement chez elle.





