Trois ans de guerre : comment Tsahal a réformé sa doctrine de défense et de renseignement
Trois ans après le 7 octobre, Tsahal a profondément transformé sa doctrine de défense, multipliant les forces d'alerte et renforçant la sécurité proactive sur toutes les frontières.

Trois ans après le déclenchement de la guerre le 7 octobre, les Forces de défense d'Israël (Tsahal) ont profondément restructuré leur doctrine de sécurité, passant d'une posture réactive à une défense proactive et à des systèmes d'alerte renforcés. Selon les données militaires, environ 100 000 cibles ont été frappées sur plusieurs fronts, tandis que plus de 31 000 projectiles ont été tirés vers Israël.
Les chiffres de ces trois années de guerre révèlent l'ampleur du conflit : environ 65 000 cibles ont été attaquées dans la bande de Gaza, près de 28 000 au Liban et en Syrie, 4 500 en Iran et environ 80 au Yémen. En parallèle, les tirs de projectiles vers le territoire israélien comptent 10 200 en provenance de Gaza, 20 000 du Liban, 1 200 de l'Iran, 50 de la Syrie et 90 du Yémen. Au total, 970 soldats de Tsahal sont tombés lors d'opérations, tandis que plus de 70 % des militaires blessés ont repris du service.
Le passage à une défense proactive et renforcée
La principale leçon retenue par l'état-major est l'abandon de l'attentisme face aux menaces ennemies. Dans le Commandement du Sud, les clôtures frontalières, les routes de sécurité, les postes fortifiés et les capteurs technologiques ont été modernisés. Les sections de défense des localités frontalières ont reçu des équipements de pointe, des drones et des moyens de communication cryptés.
Dans le Commandement du Nord, la nouvelle doctrine impose de positionner l'armée en amont des civils. Après la chute du régime d'Assad en Syrie, la 210e division a pénétré en territoire syrien pour établir une zone de sécurité avancée dotée de dix nouveaux postes. Des mesures similaires ont été prises dans le Commandement du Centre afin de renforcer la protection des axes routiers et des localités.
Restructuration du renseignement et de l'Armée de l'air
La Direction du renseignement militaire (Aman) a redéfini sa mission principale, plaçant l'alerte précoce en tête de ses priorités. Aman a actualisé ses modèles d'évaluation, renforcé ses salles de situation pluridisciplinaires et encouragé une culture du doute critique pour identifier les signaux faibles sur le terrain.
De son côté, l'Armée de l'air israélienne a considérablement accru sa préparation, multipliant par quatre, et jusqu'à six dans certains secteurs, les forces en état d'alerte permanente. Des centaines de radars supplémentaires et de nouvelles unités spécialisées ont été déployées pour contrer la menace des drones.
Expansion des forces de réserve et logistique
L'armée a connu une expansion structurelle majeure, les effectifs de réserve augmentant de 36 % depuis le début du conflit. Toutefois, cette sollicitation sans précédent impose une charge lourde aux réservistes, effectuant désormais entre 80 et 100 jours de service par an. Tsahal a mis en place des programmes de soutien financier et familial pour accompagner les réservistes et leurs proches face à cet effort prolongé.

