Des chercheurs créent un béton plus résistant à base de déchets humains

Des scientifiques indiens ont développé une méthode pour remplacer le ciment par des déchets humains traités, créant un béton 42 % plus résistant et plus écologique.

Now14Auteur : Efrat Brinér
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Des chercheurs créent un béton plus résistant à base de déchets humains
Photo : Now14 / מלט, אילוסטרציה | צילום: קנבה

Presque chaque route, pont et bâtiment qui nous entoure repose sur du béton, mais sa production lourde pèse lourdement sur l'environnement. Le ciment, qui sert de liant principal dans le mélange, est produit selon un processus qui émet des quantités massives de dioxyde de carbone et accélère la pollution de l'air. Aujourd'hui, des scientifiques de l'Université Manipal de Jaipur en Inde proposent une solution inhabituelle : remplacer une partie du ciment par des déchets de matières fécales humaines ayant subi un traitement contrôlé. Le résultat n'aide pas seulement l'environnement, il rend également le matériau de construction nettement plus solide.

La population humaine produit chaque jour des millions de tonnes de déchets par la plomberie domestique, et ces quantités sont acheminées vers des stations d'épuration. Les ingénieurs ont récupéré les boues résiduelles des systèmes d'eaux usées, les ont séchées et chauffées dans une installation dédiée sans oxygène à une température d'environ 400 degrés Celsius. La chaleur extrême neutralise les polluants et les odeurs, transformant les boues en une poudre de charbon propre et riche en minéraux. Les chercheurs ont mélangé le matériau ainsi obtenu dans le béton à un taux de 5 % à 10 %, en remplacement d'une partie du ciment conventionnel.

Tests de résistance et stabilité structurelle

Les tests de pression ont révélé des données surprenantes, car au lieu de perdre de sa résistance, le matériau produit a affiché une stabilité exceptionnelle. Après environ trois mois, les échantillons contenant le charbon recyclé ont présenté une résistance à la flexion et aux charges supérieure de 42 % par rapport au matériau standard, ainsi qu'une absorption d'eau réduite.

L'avantage structurel repose sur plusieurs processus se déroulant simultanément. Les particules comportent de minuscules pores qui retiennent l'eau et la libèrent progressivement, ce qui permet au matériau de durcir de manière uniforme et prévient les fissures. Parallèlement, la fine poudre pénètre dans des interstices invisibles et crée une liaison étroite entre tous les composants. De plus, le matériau contient un minéral appelé silice, qui déclenche une réaction chimique similaire aux processus ayant permis aux structures de l'Empire romain de survivre des millénaires.

Défis futurs et perspectives

Avant que le matériau ne soit adopté pour la construction à grande échelle, des tests pratiques supplémentaires sont nécessaires. Les chercheurs soulignent qu'il faut s'assurer que le béton résiste à des changements climatiques sévères, tels qu'un froid extrême ou une chaleur prolongée, et garantir que les métaux présents dans les eaux usées ne sont pas libérés au fil des ans. Néanmoins, il s'agit d'une direction à fort potentiel : exploiter une source infinie de déchets pour renforcer les infrastructures et réduire l'empreinte carbone du secteur de la construction.

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