Un nouveau parti haredi brise les tabous en prônant le service militaire
Moti Leitner, maire adjoint de Beit Shemesh, lance le parti « Le Public Haredi », plaidant pour le service militaire à Tsahal et l'intégration des ultra-orthodoxes.
Dans le marché haredi de Beit Shemesh, Moti Leitner déambule parmi les étals en fin connaisseur de la rue ultra-orthodoxe. Autour de lui, la population examine les etrogim à l'approche de la fête de Souccot. Au cœur de cette scène traditionnelle, Leitner souhaite introduire un message politique inédit : un nouveau parti haredi qui appelle les ultra-orthodoxes à assumer leurs responsabilités envers l'État, y compris le service militaire au sein de Tsahal.
Une nouvelle voix pour les Haredim actifs
Moti Leitner, maire adjoint de Beit Shemesh, s'est consacré durant des années à l'intégration des haredim dans l'emploi, le milieu académique ainsi que dans les services civils et militaires, tout en préservant leur identité. Aujourd'hui, après avoir tenté sans succès de s'intégrer par le biais des formations politiques traditionnelles, il prend la tête d'une liste indépendante pour les élections à la Knesset.
Le parti « Le Public Haredi » a été fondé en réponse au fossé grandissant entre les vieux partis et une frange de la population ultra-orthodoxe : les travailleurs, les conscrits, ceux qui souhaitent étudier les mathématiques et l'anglais, et ceux qui ne se sentent pas représentés par le Shas et Judaïsme unifié de la Torah. Leitner soutient que ces partis historiques se soucient davantage de préserver leur appareil politique que de résoudre les crises structurelles.
« Aucun parti haredi existant ne parle de réussite économique, nationale ou sécuritaire », affirme-t-il. « Ils ne se préoccupent que de leur machine politique et du maintien d'un statu quo illusoire. »
La question du service militaire et la place des femmes
Le point de divergence fondamental réside dans la question du recrutement militaire. Leitner soutient l'incorporation à Tsahal des ultra-orthodoxes qui n'étudient pas la Torah à temps plein, tout en s'opposant catégoriquement aux sanctions coercitives et aux arrestations. Il préconise la suppression des obstacles administratifs et l'offre d'incitations positives.
Autre innovation majeure, le parti intègre des femmes sur sa liste électorale : la chercheuse Dr Nahumi Yefe et Ziva Glantz. Leitner salue leur courage politique et assume pleinement ce choix novateur dans le paysage ultra-orthodoxe.
Perspectives électorales et union nationale
Concernant le seuil d'éligibilité, Leitner estime le potentiel de sa formation à deux ou trois mandats au sein du secteur haredi, tout en espérant attirer des électeurs extérieurs. Enfin, il rejette l'idée d'un gouvernement étroit, plaidant pour la formation d'un large cabinet d'union nationale.