Haïfa : le tribunal refuse d'annuler la pension d'un père accusant à tort son ex-femme
Le tribunal de Haïfa a rejeté la demande d'un père d'annuler sa pension alimentaire. Le juge a conclu qu'il avait abandonné ses filles et accumulé 290 000 shekels de dettes avant d'accuser à tort la mère d'aliénation.

Un amer conflit familial autour de la pension alimentaire
Le tribunal des affaires familiales de Haïfa a récemment rejeté la demande d'un père de deux filles qui réclamait l'annulation de sa pension alimentaire, prétextant une rupture de contact causée par l'aliénation parentale de la mère. Le juge Tal Paperny a tranché en faveur de la mère, estimant que c'est le père qui a délaissé la relation pendant des années sans jamais tenter de la renouer.
Selon la mère, le père a abandonné les fillettes alors qu'elles n'avaient que 6 et 4 ans. Elle a ajouté qu'il ne payait de toute façon pas la pension alimentaire, ayant « usé de tous les subterfuges possibles pour contourner l'application du jugement ». Elle a précisé qu'au moment du dépôt de la plainte, sa dette auprès des huissiers de justice s'élevait à environ 290 000 shekels.
Accusations d'aliénation parentale
De son côté, le père a soutenu que la mère était responsable de la rupture. Selon lui, des années d'incitation et de manipulation de sa part, s'apparentant à de l'aliénation parentale, ont provoqué cette situation. Il a affirmé avoir tenté de reprendre contact, mais que la mère refusait de coopérer, « tirant les ficelles » pour faire échouer ses démarches. Il estimait injuste de devoir payer une pension alors qu'il lui était impossible de voir ses enfants.
La mère a répliqué qu'il s'agissait d'une procédure abusive et vexatoire, affirmant que la responsabilité de cette longue rupture incombait exclusivement à son ex-conjoint.
La décision du tribunal
Le juge Paperny a partagé l'avis de la mère, constatant que le père avait lui-même provoqué la rupture en quittant le domicile sans faire d'efforts pour maintenir le lien.
Le juge Paperny a écrit dans sa décision :
« L'ensemble des éléments montre que le père n'a pas assumé ses devoirs et a laissé tout le fardeau à la mère, et ce depuis de nombreuses années, juste après la séparation. Le père a abandonné la relation avec ses filles et n'a pas prouvé avoir entrepris de démarches pour y remédier. S'il avait réellement voulu renouer le contact, il aurait saisi la justice pour faire appliquer son droit de visite au lieu d'attendre tant d'années. »
Le tribunal a précisé qu'aucune des filles ne pouvait être qualifiée d'« enfant rebelle » pour justifier l'annulation de la pension. De plus, aucune preuve d'incitation au dénigrement de la part de la mère n'a été apportée.
Le fait que le père saisisse la justice pour annuler la pension alors qu'il refuse déjà de la payer, accumulant une dette colossale, a pesé lourdement contre lui. Le tribunal a rappelé qu'un parent demandant la modification d'une pension doit se présenter devant la justice « les mains propres » et de bonne foi.
La plainte a été rejetée, la pension alimentaire est maintenue, et le père a été condamné à verser à la mère 25 000 shekels au titre des frais de justice.





