Les prix des billets d'avion resteront élevés jusqu'en 2027
Les prix des billets d'avion resteront élevés jusqu'en 2027 en raison de la flambée du kérosène et d'une mutation du modèle économique axé sur la rentabilité.

La crise du carburant aviation et ses répercussions sur le secteur aérien sont loin de s'apaiser : les passagers du monde entier devront continuer à payer des billets d'avion très chers au moins jusqu'en 2027, même si le conflit avec l'Iran venait à se terminer plus tôt.
L'industrie aéronautique mondiale fait face à une flambée des dépenses opérationnelles, en tête desquelles figure le kérosène, dont les prix ont grimpé en raison de la crise énergétique et de la fermeture du détroit d'Ormuz. Bien que les cours du carburant aient légèrement baissé après avoir doublé en mars, ils sont repartis à la hausse depuis le mois de juillet.
Une envolée des coûts et des tarifs
Les données aux États-Unis illustrent l'ampleur de cette hausse : les tarifs aériens en septembre étaient supérieurs de 22 % à ceux de l'année précédente. Selon l'application Hopper, un vol aller-retour pour Thanksgiving a augmenté de près de 39 % pour atteindre environ 389 dollars, tandis que Noël enregistre une hausse de 22 % avec une moyenne de 452 dollars.
Le carburant représente environ 30 % des charges et a alourdi de 1,9 milliard de dollars la facture trimestrielle des compagnies américaines United Airlines et American Airlines. S'ajoutent à cela une hausse de 7 % à 10 % des dépenses salariales liée à de nouvelles conventions collectives, ainsi qu'une augmentation allant jusqu'à 14 % des taxes d'atterrissage et des frais de location dans les aéroports.
Mutation du modèle économique
Récemment, le directeur général de Ryanair a mis en garde contre la hausse de prix la plus violente de l'histoire en Europe, tandis que le PDG d'United Airlines, Scott Kirby, a précisé que la plupart des compagnies boucleraient l'année 2026 dans le rouge, rendant des tarifs élevés indispensables pour survivre.
Au-delà de la pression sur les coûts, le secteur opère une véritable révolution stratégique. Auparavant, les compagnies bradaient les billets pour remplir leurs appareils ; elles préfèrent désormais voler avec des sièges vides pour préserver leur rentabilité. La clientèle fortunée ne recule pas devant les prix, et la vente de billets en classe affaires est devenue le principal moteur de profit, représentant plus de la moitié des revenus.
Ce changement de cap porte un coup dur au modèle low-cost traditionnel. Spirit Airlines a fait faillite et a cessé ses activités en mai dernier, tandis que d'autres transporteurs à bas coûts luttent pour leur survie. Même Southwest Airlines a commencé à facturer les bagages et à convertir des sièges standard en options premium. Par ailleurs, easyJet a subi une chute de ses bénéfices en raison du carburant et a été officiellement rachetée en août 2026 à l'issue d'une âpre bataille.





