Allemagne : une enseignante jugée après 17 ans de congé maladie
Une enseignante allemande en congé maladie depuis 17 ans tout en percevant son salaire est renvoyée en justice pour escroquerie aggravée et faux.

Une enseignante allemande de 62 ans, en congé maladie depuis 17 ans tout en percevant l'intégralité de son salaire, s'apprête à être jugée. Le parquet de Duisbourg a inculpé cette professeure d'un lycée professionnel de Wesel, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, pour escroquerie aggravée et falsification de documents. Selon les estimations des enquêteurs, le préjudice causé aux finances publiques au cours des quatre dernières années s'élève à plus de 248 000 euros. L'accusation soupçonne une fraude portant sur 11 cas particulièrement graves ainsi que deux cas de faux en écriture. L'accusée n'a pas encore réagi aux charges retenues contre elle, et les infractions commises avant mars 2021 sont prescrites. Le tribunal régional de Duisbourg doit désormais décider s'il valide l'acte d'accusation pour ouvrir un procès.
L'enseignante avait cessé d'enseigner en 2009 pour des raisons psychologiques et n'a plus jamais remis les pieds en classe, accumulant les certificats médicaux tout en bénéficiant de son traitement complet de fonctionnaire, de primes et d'indemnités compensatrices de congés non pris. Son salaire brut mensuel oscillait entre 5 000 et 6 200 euros. Les autorités n'ont commencé à examiner cette absence prolongée qu'en 2024, quinze ans après son début, à la suite d'une réévaluation de son dossier par le gouvernement régional. Le directeur de l'établissement, en poste depuis 2015, a indiqué n'avoir jamais entendu parler d'elle. Cette absence prolongée est passée inaperçue en raison de changements administratifs successifs, mettant en lumière des failles dans le contrôle bureaucratique.
Les enquêteurs ont également vérifié si l'enseignante avait exercé une activité de thérapeute alternative pendant son congé, sans toutefois trouver de preuves. Selon l'acte d'accusation, entre mars 2021 et mars 2025, l'intéressée a soumis dix faux certificats d'incapacité de travail alors qu'elle était apte, suivis d'autres documents remis par son avocat en septembre 2025. Les accusations de falsification concernent une autre affaire : passionnée de plongée, l'enseignante aurait elle-même établi deux certificats d'aptitude en usurpant l'identité d'un médecin inexistant. Si elle est reconnue coupable, elle encourt plusieurs années d'emprisonnement. Parallèlement, des procédures disciplinaires sont en cours et l'État l'a mise d'office à la retraite, une décision qu'elle conteste en justice.




