Fœtus ou nouveau-né ? La différence cruciale dans les poursuites pour négligence médicale

La négligence pendant la grossesse ou l'accouchement peut entraîner la mort du fœtus ou du nouveau-né. La question de savoir si le bébé est né vivant détermine le montant de l'indemnisation pouvant être réclamée. Un avocat explique les enjeux juridiques.

YnetAuteur : Me Amit Uria | PsakDin
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Fœtus ou nouveau-né ? La différence cruciale dans les poursuites pour négligence médicale
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La mortinatalité et le décès d'un bébé peu après la naissance sont des résultats tragiques qui soulèvent parfois des soupçons de négligence médicale. Une souffrance fœtale non identifiée, des plaintes mal traitées, un retard dans la réalisation d'une césarienne ou un suivi insuffisant pendant la grossesse peuvent justifier un examen de la conduite du personnel médical. Toutefois, un résultat difficile ne prouve pas en soi la négligence. Pour établir une plainte, il faut démontrer que le traitement s'est écarté de la norme médicale acceptée et qu'il existe un lien de causalité direct avec le décès.

Une fois la responsabilité établie, un détail modifie fondamentalement la structure de la plainte : le fœtus est-il né sans signe de vie, ou est-il né vivant avant de décéder ? Du point de vue des parents, les deux situations impliquent une perte immense. D'un point de vue juridique, cependant, cette distinction crée deux types de plaintes différents en termes de plaignants et de chefs de préjudice.

Qui est considéré comme la partie lésée ?

La loi sur la capacité juridique et la tutelle stipule que « toute personne est capable de droits et d'obligations de la naissance jusqu'à la mort ». Lorsqu'un fœtus naît sans signe de vie, il n'a pas acquis la capacité juridique. Par conséquent, aucune plainte ne peut être déposée en son nom et aucune succession n'est créée. Dans ce cas, la plainte est déposée par les parents pour les dommages personnels subis. Le principal chef de préjudice est non pécuniaire : la douleur, le deuil et le traumatisme. La mère peut également réclamer des dommages-intérêts pour préjudice physique ou mental, perte de revenus, frais médicaux et traitements psychologiques, dans la mesure où ces dommages sont prouvés.

Il existe une limite claire : lorsqu'un fœtus naît sans signe de vie, on ne peut réclamer en son nom une indemnisation pour réduction de l'espérance de vie ou pour perte de capacité de gain au cours des « années perdues », car il n'est pas considéré comme une entité juridique indépendante.

Lorsque le bébé est né vivant

La situation change si le bébé naît vivant, même pour quelques minutes ou quelques heures. Dès la naissance, il est considéré comme ayant la capacité juridique. S'il décède en raison d'une négligence médicale, son droit à réparation est transmis à sa succession. Une plainte successorale peut alors être déposée pour réclamer une indemnisation pour la douleur et la souffrance, la réduction de l'espérance de vie, les frais médicaux et d'hospitalisation, les frais d'inhumation et la perte de capacité de gain au cours des « années perdues ». La composante des revenus est calculée selon les règles applicables aux jeunes décédés.

Le montant de l'indemnisation dépend des préjudices prouvés. En cas de mortinatalité, l'indemnisation peut atteindre des centaines de milliers de shekels. Lorsque le bébé est né vivant, la plainte peut être plus large, incluant les droits de la succession, ce qui peut porter l'indemnisation totale au-delà du seuil d'un million de shekels. Il n'existe cependant aucune règle selon laquelle une naissance vivante conduit systématiquement à une indemnisation plus élevée ; le montant est déterminé au cas par cas.

Le délai de prescription est généralement de sept ans. Il est recommandé de consulter un avocat dès que possible, les exceptions permettant de prolonger ce délai étant rares.


• Article réalisé en collaboration avec le site juridique israélien PsakDin

• Me Amit Uria est spécialisé dans la négligence médicale pendant la grossesse et l'accouchement

• Ynet est partenaire du site PsakDin

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