La France et le Liban veulent prolonger le mandat de la FINUL malgré l'opposition d'Israël
La France et le Liban font pression pour prolonger la mission de la FINUL dans le sud du Liban au-delà de 2026, se heurtant à l'opposition ferme d'Israël au sein du Conseil de sécurité.
La France et le Liban œuvrent pour prolonger la mission de maintien de la paix des Nations unies dans le sud du Liban au-delà de la fin de 2026, malgré la vive opposition d'Israël. Selon un rapport du Financial Times, Beyrouth a averti le Conseil de sécurité qu'il serait « prématuré » de mettre fin au mandat de la FINUL le 31 décembre et a demandé une prolongation limitée de l'accord actuel.
Dans une lettre transmise ce mois-ci au Conseil de sécurité, le gouvernement libanais a fait valoir que la situation sécuritaire dans la région a fondamentalement changé depuis la décision prise en 2025 de clore la mission de la FINUL. Trois sources proches des discussions ont indiqué que la France et la majorité des membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur soutien à la demande libanaise, en dépit d'une ferme résistance d'Israël, qui soutient depuis longtemps que la force a échoué dans sa mission.
Tensions géopolitiques au Liban-Sud
Cet effort pour maintenir la FINUL — qui compte actuellement plus de 7 000 soldats et membres du personnel — intervient à un moment particulièrement délicat. Israël maintient une présence importante dans le sud du Liban et continue de mener des frappes dans la région à la suite des affrontements répétés avec le Hezbollah. L'organisation chiite, soutenue par l'Iran, continue de rejeter les exigences de désarmement.
Les États-Unis ont été l'un des principaux partisans d'une fin totale de la mission de la FINUL, présente au Liban depuis près de cinq décennies. Toutefois, selon les informations rapportées, il reste incertain si Washington userait de son veto si la France soumettait au vote une nouvelle résolution prolongeant le mandat au Conseil de sécurité.
Débats diplomatiques à l'ONU
La France tente depuis des mois de mobiliser un soutien international en faveur d'une nouvelle force de remplacement qui fournirait notamment une aide militaire et des formations à l'armée libanaise. Environ 600 soldats français servent actuellement au sein de la FINUL, dont deux ont péri l'an dernier dans une attaque attribuée par Paris au Hezbollah.
La FINUL a été établie en 1978 à la suite d'affrontements entre Israël et des factions palestiniennes opérant depuis le Liban. Au fil des ans, son mandat et ses effectifs ont été élargis pour surveiller les cessez-le-feu.
Malgré la présence des Casques bleus, le conflit entre Israël et le Hezbollah a ressurgi après l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, s'intensifiant en guerre ouverte. L'ambassadeur d'Israël auprès de l'ONU a fermement critiqué toute tentative de prorogation, estimant que la force n'a pas su empêcher le renforcement militaire du Hezbollah.



