Sécurité aérienne : les dirigeants admettent les limites face aux menaces internes
Les patrons de Ryanair et Lufthansa ont reconnu à Bruxelles qu'il est extrêmement difficile de contrer les menaces internes dans les cockpits après l'incident du vol Flydubai.
Les dirigeants du transport aérien s'expriment sur la sécurité dans les cockpit
Plus d'une semaine après l'incident grave survenu à bord du vol FZ1073 de Flydubai, où un copilote a tenté de s'en prendre au commandant de bord et de faire s'écraser un avion se dirigeant vers Israël, les dirigeants des principales compagnies aériennes européennes admettent ouvertement une réalité complexe : lorsque la menace provient de l'intérieur du cockpit, la capacité à l'empêcher est quasi nulle.
Lors d'une réunion organisée à Bruxelles par l'association Airlines for Europe (A4E) et relayée par l'agence Reuters, les responsables ont abordé publiquement cette affaire pour la première fois. Michael O'Leary, PDG du groupe Ryanair, a souligné les limites des cadres réglementaires face aux menaces internes. "S'il y a un individu déséquilibré dans le cockpit, il est très difficile de légiférer contre cela", a-t-il déclaré, mettant en lumière la difficulté de filtrer des personnes ayant validé toutes les formations tout en décidant d'agir de manière criminelle.
Les leçons du passé et les limites des contrôles
Le PDG du groupe Lufthansa, Carsten Spohr, a partagé cette analyse en insistant sur les limites des mécanismes de sécurité : "Nous devons admettre le fait qu'il n'y a pas de sécurité absolue dans cette industrie." Lufthansa porte une histoire douloureuse à ce sujet, rappelant la tragédie de Germanwings en mars 2015, où le copilote Andreas Lubitz avait volontairement écrasé un Airbus A320 dans les Alpes françaises, tuant 150 personnes.
"Nous devons admettre le fait qu'il n'y a pas de sécurité absolue dans cette industrie." — Carsten Spohr, PDG du groupe Lufthansa
Bien que cette catastrophe ait conduit à un renforcement des procédures, l'incident de Flydubai démontre que l'écart entre les examens psychologiques et la détection d'intentions malveillantes demeure entier. Affronter une menace intérieure reste le défi le plus redoutable de l'aviation civile.