Face à la « boîte de Pandore » de Poutine, Macron réagit par une mesure spectaculaire
Après que l'Ukraine a intensifié ses attaques contre des cibles économiques en Russie, Poutine a menacé de frapper ses « secteurs les plus sensibles ». Parallèlement, Macron a promis à Zelensky d'accélérer les livraisons de missiles et de systèmes de défense à Kiev.
Le président français, Emmanuel Macron, a promis d'accélérer considérablement les livraisons de nouveaux équipements militaires français à l'Ukraine, comme l'a révélé ce week-end le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Cette annonce fait suite à un long entretien téléphonique entre les deux dirigeants, qui a duré près de deux heures, au cours duquel la détresse croissante de Kiev concernant les systèmes de défense aérienne avancés a été largement discutée.
Selon l'agence de presse Reuters, le cœur de la conversation portait sur la pénurie aiguë d'intercepteurs « Patriot » de fabrication américaine en Ukraine. Le système de défense aérienne de type Patriot est actuellement la seule arme dans l'arsenal ukrainien capable d'intercepter avec succès les missiles balistiques rapides que la Russie utilise dans le cadre de la guerre. Face à cette pénurie, Macron a exprimé sa volonté d'intervenir personnellement et d'agir en faveur de l'Ukraine auprès d'autres alliés occidentaux détenant des stocks de ces intercepteurs.
L'urgence d'accélérer les livraisons intervient dans un contexte d'escalade significative des frappes aériennes du Kremlin. Zelensky s'est tourné à plusieurs reprises ces derniers temps vers les alliés de son pays avec des demandes répétées pour fournir des missiles d'interception supplémentaires. En réponse aux bombardements russes, l'Ukraine a lancé sa propre campagne et a commencé à attaquer des cibles économiques à l'intérieur même du territoire russe. Le président russe, Vladimir Poutine, a réagi à cela ce week-end et a averti que Kiev avait ouvert une « boîte de Pandore », menaçant que Moscou riposterait contre les « secteurs économiques les plus sensibles » de l'Ukraine.
Au-delà des systèmes américains, l'Ukraine attend avec impatience la livraison du nouveau système de défense antimissile, le SAMP/T-NG, fruit d'un développement conjoint italo-français. Les experts militaires estiment que le système sera capable d'intercepter des missiles balistiques, bien qu'il n'ait pas encore été testé dans des conditions de combat réelles. Les diplomates européens avaient précédemment estimé que le système ne devrait pas arriver en Ukraine avant le printemps de l'année prochaine, mais il a désormais été convenu d'accélérer les calendriers. Les missiles « Aster » utilisés par le système sont fabriqués par Eurosam, une coentreprise du fabricant européen de missiles MBDA et de la société française Thales. Zelensky a indiqué qu'un accord avait été conclu sur l'octroi de licences pour la production de missiles, y compris des missiles de croisière à longue portée de type SCALP.
Sur le plan humanitaire, Macron a publié un communiqué officiel dans lequel il a exprimé à Zelensky son « choc et son émotion profonde » suite à une attaque meurtrière de drones russes sur un centre commercial bondé dans la ville de Kryvyi Rih vendredi dernier. L'attaque a coûté la vie à au moins 16 personnes et a fait environ 130 blessés. Macron a déclaré :
« En ciblant systématiquement les civils et en choisissant l'intimidation et l'escalade, la Russie cherche probablement à projeter de la force, mais surtout, elle expose sa faiblesse. »
La conversation entre les deux hommes a eu lieu à l'approche d'une réunion importante de la « Coalition des pays volontaires », un groupe de pays pro-ukrainiens. La réunion, qui se tiendra demain à Kiev, sera co-présidée par Macron, le Premier ministre britannique Andy Burnham et le chancelier allemand Friedrich Merz. Le sommet fait suite à une réunion tenue à Paris en juillet, où une coalition de 10 pays européens a été lancée pour développer un système anti-missiles balistiques comme alternative moins coûteuse au Patriot américain. Outre l'armement, Zelensky a révélé que lui et Macron ont discuté du statut d'éventuelles pourparlers de paix et de la communication avec Washington, dans une tentative d'« ouvrir des opportunités diplomatiques supplémentaires ».



