L'Érythrée et l'Éthiopie saisissent l'ONU sur fond d'escalade au Tigré
L'Érythrée et l'Éthiopie ont saisi le Conseil de sécurité de l'ONU sur fond de reprise des combats au Tigré et d'accusations mutuelles d'incursion militaire.
L'Érythrée a saisi le Conseil de sécurité de l'ONU, appelant la communauté internationale à prendre des mesures de dissuasion pour la protéger contre l'Éthiopie, qu'elle accuse de lui avoir déclaré la guerre. Cet appel intervient au lendemain d'une saisine similaire par l'Éthiopie, qui accuse l'Érythrée d'avoir envahi son territoire dans la région du Tigré, où la guerre civile a repris.
Tensions croissantes dans la Corne de l'Afrique
Bien qu'Asmara déni officiellement toute invasion du Tigré, plusieurs médias internationaux ont rapporté que des témoins oculaires ont confirmé l'entrée de forces érythréennes dans certaines zones de la région. Selon l'agence Reuters, ces forces ont dû se retirer après avoir subi des attaques de drones. Cette escalade ravive les craintes d'un embrasement régional.
L'Érythrée est l'historique rivale de l'Éthiopie. Elle constituait autrefois une province éthiopienne et le seul accès deverte vers la mer pour Addis-Abeba, avant d'obtenir son indépendance en 1993 après des décennies de lutte. Un accord de paix historique avait été conclu en 2018 sous l'égide du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed.
L'Érythrée demande au Conseil de sécurité de condamner fermement la déclaration de guerre abjecte de l'Éthiopie et de prendre les mesures de dissuasion nécessaires.
Crise humanitaire et accusations croisées
L'Éthiopie accuse l'Érythrée d'avoir déployé des troupes jusqu'à 60 kilomètres à l'intérieur du nord du Tigré et de soutenir les rebelles. Sur le terrain, la situation humanitaire reste critique, les habitants souffrant d'un manque criant de nourriture et de soins médicaux.