Des mèmes égyptiens de Bob l'éponge lancent une fronde contre al-Sissi
Une version égyptienne de Bob l'éponge générée par IA est devenue un phénomène viral en Égypte, provoquant censure et plaintes officielles contre la satire politique.

Une version égyptienne générée par intelligence artificielle de la série animée à succès "Bob l'éponge" est devenue ces dernières semaines un phénomène en ligne majeur en Égypte, constituant un sérieux casse-tête pour le pouvoir du président Abdel Fattah al-Sissi, selon un article publié mardi par la BBC.
La tendance a débuté au sein d'un groupe Facebook intitulé "Plaintes des résidents d'Al-Hamour Bottom", une adaptation égyptienne de Bikini Bottom, qui a rapidement rassemblé environ 1,8 million d'abonnés en quelques semaines. Utilisant des personnages de la série et des images créées par IA, les utilisateurs ont mis en lumière les difficultés quotidiennes du public égyptien : la vie chère, la hausse des loyers, la corruption ainsi que l'état des services de santé et d'éducation.
Une satire virale visant le pouvoir
L'un des mèmes les plus marquants a représenté le président al-Sissi sous les traits de M. Krabs, le propriétaire de restaurant obsédé par l'argent. D'autres images montraient les fonds marins encombrés de tuk-tuks, accompagnées de critiques acerbes sur le harcèlement de rue et la gestion des ministres du gouvernement.
L'immense popularité du groupe a rapidement attiré l'attention des autorités. À la suite de signalements concernant une enquête officielle, la page a été suspendue et de nombreux contenus politiques ont été supprimés. Une jeune femme se présentant comme administratrice a affirmé dans une vidéo que les créateurs n'étaient pas responsables des publications politiques.
"Le rire autour de Bikini Bottom ne témoigne pas nécessairement de la joie, mais d'une réalité devenue si absurde que le rire est parfois la seule réponse qui reste." — Rabab Kamal
Riposte officielle et persistance des mèmes
Les médias pro-gouvernementaux n'ont pas tardé à affirmer que les Frères musulmans se cachent derrière cette tendance pour "semer la confusion". Parallèlement, un avocat égyptien a déposé une plainte contre les administrateurs pour atteinte à l'ordre public.
Malgré ces pressions, les mèmes continuent de se propager et sont relayés par des célébrités et des marques, illustrant un profond désarroi face à la situation économique.




