Dette de pension alimentaire de 133 000 shekels : une décision créative du tribunal de Haïfa
Un ex-mari a quitté Israël en laissant une dette de pension alimentaire de 133 000 shekels. Le tribunal de Haïfa a décidé d'enregistrer un bureau hérité au nom du débiteur, permettant à la mère de lancer une procédure de saisie.

Une femme tentant de recouvrer une dette de pension alimentaire d'environ 133 000 shekels auprès de son ex-conjoint a obtenu un outil unique du tribunal aux affaires familiales de Haïfa. La juge Liron Zerbel-Kadshai a accordé au père, qui a quitté Israël en février 2024 et n'est toujours pas revenu, la pleine propriété d'un bureau de 17,30 m² hérité de sa grand-mère. Cet enregistrement vise à permettre à la plaignante d'entamer des procédures d'exécution sur ce bien.
Le contexte financier est simple. Conformément à une décision de 2018, le père est tenu de payer une pension alimentaire. Pour recouvrer les impayés, la mère a ouvert un dossier auprès de l'Office d'exécution de Haïfa. Au moment du dépôt de la plainte, la dette atteignait 133 000 shekels. Cependant, la plaignante s'est heurtée à un obstacle : le débiteur avait quitté le pays et ses droits successoraux ne pouvaient être saisis en raison de la formulation du testament.
Pourquoi un jugement était-il nécessaire ?
Le bien en question provenait d'un héritage, mais le testament, validé le 3 juillet 2024, ne précisait pas quel bureau revenait à quel bénéficiaire (le fils et le petit-fils/débiteur). Sans bien concret enregistré au nom du débiteur, aucune saisie n'était possible. La plaignante a demandé un jugement déclaratoire pour diviser les unités. Représentée par l'avocat Oren Zoran, elle a fait valoir que l'absence de défense du débiteur devait être interprétée comme un consentement.
Division de la propriété
Le second héritier, l'oncle du débiteur, n'a pas fait opposition. Par l'intermédiaire de son avocat, Israël Harpaz, il a noté que les unités étaient presque identiques (16,65 m² et 17,30 m²) et a accepté de prendre la plus petite. La juge a statué que le débiteur recevrait la plus grande unité, sur laquelle la plaignante avait déjà demandé une inscription d'hypothèque pour éviter toute dissimulation.
Signification à un débiteur absent
Une partie importante de la procédure a porté sur la signification à une personne dont l'adresse est inconnue. Le dernier contact a eu lieu le 5 novembre 2024 via WhatsApp depuis un numéro étranger. Après que le débiteur a changé de nom et rompu les liens, la juge a autorisé en janvier 2025 une signification par substitution, incluant des publications dans des journaux étrangers. La juge Zerbel-Kadshai a estimé que la plaignante avait épuisé tous les efforts pour localiser le défendeur, soulignant qu'il ne fallait pas permettre au débiteur de contrecarrer le processus judiciaire en fuyant.
Implications pratiques
La juge a précisé que la décision ne donne pas immédiatement de l'argent à la plaignante, mais établit le fondement juridique nécessaire pour procéder à l'exécution. Elle a noté que la décision ne porte pas préjudice au débiteur ; elle sécurise ses droits de propriété, qu'il pourrait utiliser pour régler ses dettes s'il choisissait de revenir. Le tribunal a rejeté la demande de qualifier l'enregistrement d'« événement successoral » à des fins fiscales, laissant cela à la discrétion des autorités fiscales. Le débiteur a été condamné à payer 5 000 shekels de frais de justice.





