Des millions d'Irakiens sans salaire : la crise d'Ormuz frappe les familles
Plus d'une semaine après la date prévue pour le paiement des salaires de juillet, des millions de fonctionnaires, de retraités et de bénéficiaires d'allocations en Irak n'ont toujours pas reçu leur paie. De hauts responsables admettent que la crise de liquidités, aggravée par l'impact sur les revenus pétroliers, rend difficile pour le gouvernement le respect de ses engagements financiers.
Alors que le gouvernement irakien admet avoir des difficultés à verser les salaires du mois de juillet, retardés depuis plus d'une semaine pour les fonctionnaires, les familles irakiennes font face à une nouvelle réalité sociale : l'incapacité à honorer leurs engagements financiers et leurs besoins vitaux. Cette situation s'accompagne de difficultés à planifier les dépenses mensuelles et d'une crainte croissante que la crise financière ne se prolonge. Les autorités irakiennes ont reconnu que le pays est entré dans une crise de liquidités rendant le paiement régulier des salaires complexe.
Des millions d'Irakiens dépendent directement des salaires gouvernementaux pour leur subsistance, de sorte que tout retard affecte rapidement la vie familiale et sociale. L'État verse chaque mois environ 8 000 milliards de dinars irakiens (environ 5 milliards de dollars) aux employés du secteur public, aux retraités et aux bénéficiaires d'allocations.
La forte baisse des revenus pétroliers de l'Irak, consécutive à la fermeture du détroit d'Ormuz, a conduit à une crise de liquidités aiguë, sur fond de défaillances des services publics, notamment dans le secteur de l'électricité.
Basem Ali, employé au ministère de l'Environnement à Bagdad, a déclaré au journal Al-Araby Al-Jadeed : « Le problème n'est plus le retard de quelques jours, mais l'incapacité de savoir quand le paiement arrivera. Les familles ne peuvent plus établir de plan mensuel. Tous les paiements — du loyer aux factures de services publics — étaient liés à la date du salaire. Aujourd'hui, nous sommes contraints de compter sur des prêts temporaires auprès de proches. »
Maha Karim, employée au ministère de l'Enseignement supérieur et mère de deux enfants, a témoigné : « Depuis une semaine, je n'achète que le strict nécessaire. L'absence de stabilité économique affecte directement l'équilibre mental de la famille et crée une tension constante au sein du foyer. »
Taha al-Marsumi, propriétaire d'une épicerie à Bagdad, a souligné la baisse significative de la demande : « Pendant la période de versement des salaires, le marché s'animait car les familles faisaient des provisions pour le mois. Désormais, la crise nuit à la fois aux familles et aux commerçants. Si les retards se poursuivent sans date fixe, cela provoquera une crise grave affectant les moyens de subsistance des citoyens. »
Wafaa al-Mahdawi, chercheuse en sciences sociales, a confirmé que de nombreuses familles vivent dans l'angoisse face à l'impossibilité d'honorer leurs dettes.
Ces événements surviennent alors que le gouvernement subit une pression financière croissante en raison de l'augmentation des dépenses courantes et de la baisse des revenus pétroliers. Des experts avertissent qu'il devient difficile de garantir le paiement régulier des salaires et évoquent la possibilité de contracter des prêts à l'étranger comme solution forcée pour surmonter la crise.




