Des banques chinoises à la « flotte fantôme » : comment les États-Unis comptent assécher l'Iran

L'administration américaine a annoncé la mise en œuvre de mesures d'isolement économique sans précédent contre l'Iran pour forcer un cessez-le-feu. Les analystes évaluent la portée de ces sanctions, compte tenu de la dépendance de Téhéran envers la Chine et de ses réseaux financiers clandestins.

YnetAuteur : Agences de presse
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Des banques chinoises à la « flotte fantôme » : comment les États-Unis comptent assécher l'Iran
Photo : Ynet / צילום: Hamed Jafarnejad/ISNA/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS, REUTERS/Jonathan Ernst, REUTERS/Stringer, AFP

Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a déclaré vendredi que les États-Unis allaient mettre en œuvre des mesures « jamais vues auparavant » contre l'Iran. Selon lui, il s'agira d'une combinaison d'isolement économique total et d'un blocus continu dans le détroit d'Ormuz pour empêcher tout mouvement dans les ports iraniens.

L'agence Bloomberg a analysé ces annonces en exprimant un certain scepticisme. Le point le plus sensible pour l'Iran reste la Chine, qui achète plus de 90 % de ses exportations de pétrole. Des sanctions contre les intermédiaires frapperaient directement les revenus de Téhéran. Bien que Washington ait déjà ciblé de petites raffineries chinoises depuis février, il a jusqu'ici évité de s'en prendre aux grandes banques chinoises finançant ce commerce. Une telle mesure risquerait d'exacerber les tensions avec Pékin avant la rencontre entre le président Donald Trump et Xi Jinping, tout en faisant grimper les prix mondiaux du pétrole.

Un autre levier concerne les bureaux de change, principalement aux Émirats arabes unis, qui aident l'Iran à convertir les paiements en yuans. Malgré la campagne « Economic Fury » de Bessent, l'Iran a développé des canaux alternatifs depuis des années, rendant la fermeture de bureaux individuels peu efficace face à la migration de l'activité vers de nouveaux intermédiaires ou des actifs numériques.

Les autres options à l'étude comprennent :

  1. Des sanctions secondaires contre toute entité commerçant avec l'Iran, sur le modèle des mesures prises contre la Corée du Nord en 2017.

  2. La saisie d'actifs de l'État iranien sous juridiction américaine.

  3. L'extension des mesures contre la « flotte fantôme » iranienne, ciblant désormais les entreprises, terminaux et infrastructures logistiques.

« À moins que le président ne décide de donner la priorité à la menace iranienne sur toutes les autres questions, et surtout sur la Chine, il est peu probable que toute mesure prise change fondamentalement les calculs de l'Iran », a conclu Chris Kennedy, analyste chez Bloomberg.

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