Choisissez votre camp : l'exigence des États-Unis dans la lutte pour le contrôle de l'intelligence artificielle
La Chine renforce sa puissance dans le domaine de l'intelligence artificielle, tandis que les États-Unis s'efforcent de l'empêcher d'accéder à des ressources critiques. Les réseaux de sixième génération (6G) ne devraient être déployés qu'en 2030, mais occupent déjà les régulateurs. Et le tournant historique dans l'approche sécuritaire du Japon.

L'auteur est expert en géopolitique et en relations israélo-américaines à la Chambre de commerce de la banque Hapoalim. À propos de la rubrique « Regard mondial » : « Regard mondial » est une revue distribuée aux clients de la banque Hapoalim qui sera publiée de temps à autre dans Globes.
Un rapport dramatique indique que l'Iran a bloqué un plan américain d'intervention militaire en Syrie contre le Hezbollah au Liban. Selon le rapport, Téhéran a transmis un message menaçant à Damas selon lequel toute action contre l'organisation mènerait à une confrontation régionale élargie. Le plan américain visait à frapper les dispositifs du Hezbollah dans la vallée de la Bekaa et à imposer de nouveaux arrangements de sécurité. L'Iran a clairement fait savoir qu'en réponse, il exercerait des pressions sur des points stratégiques en Syrie, notamment les zones frontalières, Homs et les environs d'Alep. Sur la scène régionale, une fracture profonde est apparue entre les différents acteurs de la zone. Les Émirats arabes unis apparaissent comme des partisans du financement de la démarche américaine, tandis que l'Irak et le Qatar s'y opposent. L'Arabie saoudite fait preuve d'une extrême prudence face aux risques d'escalade généralisée au Moyen-Orient. Le rapport illustre l'influence profonde de Téhéran en Syrie et sa détermination à empêcher tout préjudice au Hezbollah.
1. Les pays du monde ne pourront pas rester neutres dans la lutte entre la Chine et les États-Unis
Ces dernières semaines, le domaine de l'intelligence artificielle est devenu la principale arène de la lutte géostratégique entre les États-Unis et la Chine. Selon des rapports basés sur des documents internes du département d'État américain, Washington se prépare à transmettre une exigence sans équivoque à environ 35 pays ayant signé la déclaration sur les opportunités de l'IA. Le message principal est qu'il n'est pas possible de rester sur la touche, et les pays devront choisir s'ils s'alignent sur le cadre de coopération américain ou s'ils rejoignent les initiatives concurrentes de Pékin. Cette démarche vise à empêcher la Chine d'accéder à des ressources critiques, à des puces avancées et à des infrastructures cloud qui pourraient lui conférer un avantage militaire et économique.
D'autre part, en juillet dernier, la Chine a lancé une nouvelle organisation internationale de coopération en intelligence artificielle promouvant un modèle open source, dans le but de contester l'influence américaine sur les marchés émergents. Le Kazakhstan, qui sert de source majeure de minéraux critiques, est l'un des plus en vue à se retrouver pris dans les deux réseaux simultanément, ce qui a conduit à l'exigence américaine sans équivoque de mettre fin à la politique de couverture. Pour les décideurs politiques et les entreprises technologiques, cela signifie la fin de l'ère de la neutralité technologique. Alors que les grandes puissances font pression sur leurs partenaires pour qu'ils s'engagent envers un système de normes uniforme, de nombreux pays sont tenus de peser soigneusement leurs pas afin de ne pas être entraînés dans une guerre économique plus large.
2. En route vers une lutte réglementaire : les futurs réseaux 6G
Bien que le déploiement des réseaux de sixième génération (6G) soit prévu pour 2030, les discussions sur leur nature technologique et réglementaire sont déjà au centre de l'attention de l'industrie. Ces dernières semaines, des estimations ont été publiées montrant les progrès de la technologie ISAC (Integrated Sensing and Communication), qui permet aux ondes radio cellulaires d'agir comme une sorte de système radar à grande échelle. Ces capacités sont conçues pour permettre au réseau de détecter non seulement les données de communication, mais aussi les mouvements, la localisation et même des données physiologiques sensibles telles que le pouls et la fréquence respiratoire des humains à portée des antennes, même sans téléphone portable.
Le potentiel de cette technologie dans les villes intelligentes, les transports autonomes et la gestion des urgences s'accompagne de profondes inquiétudes quant à un coup fatal porté à la vie privée du public. Par conséquent, des organismes internationaux tels que l'Institut européen des normes de télécommunication (ETSI) ont commencé à définir une série d'exigences de sécurité et de normalisation pour forcer les développeurs à mettre en œuvre des mécanismes de protection de la vie privée dès les premières étapes de planification. La signification profonde de cette démarche est que la technologie passe du statut de « tuyau de données » à celui d'outil qui « pense » et analyse l'environnement humain. De nouvelles études soulignent que si nous ne mettons pas en œuvre les principes de « Privacy by Design » dès maintenant, les antennes qui nous entourent pourraient devenir un outil de surveillance de masse sans supervision.
3. La fin de l'ère du pacifisme : le Japon passe de la défense à l'offensive
Fin juillet 2026, le destroyer japonais JS Chokai a mené avec succès le premier essai réel d'un missile de croisière Tomahawk dans l'océan Pacifique, en coordination avec la marine américaine. Cet événement marque un tournant historique : pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale, un navire japonais lance une arme à longue portée atteignant une distance supérieure à 1 600 kilomètres, réalisant ainsi la nouvelle doctrine du pays en matière de capacité de contre-attaque. Cette démarche s'inscrit dans le contexte d'un processus profond d'abandon de l'article 9 de la Constitution japonaise, qui limitait depuis des décennies le pays à des actions purement défensives.
Le gouvernement japonais promeut une stratégie de dissuasion active et lie désormais directement sa sécurité nationale à la stabilité dans le détroit de Taïwan, avec un signal clair qu'en cas de confrontation dans la région, Tokyo unira ses forces et se préparera à une implication opérationnelle. Parallèlement, le gouvernement japonais met à jour sa politique d'exportation de défense dans le but d'établir une industrie de défense plus forte et plus indépendante. La signification profonde de cette démarche est que le Japon passe d'un état de défense passive à la construction d'une puissance de dissuasion offensive dans la région indo-pacifique. Avec une commande officielle d'environ 400 missiles Tomahawk dont la livraison est prévue d'ici 2028, Tokyo modifie radicalement l'équilibre stratégique des forces en Asie et change les règles du jeu face aux menaces régionales.





