À cause d'Israël ? La mesure inhabituelle du Festival de Venise
La conférence de presse du jury du Festival de Venise a été annulée, les organisateurs ayant officiellement invoqué un « conflit d'horaires ». Cependant, cette annulation intervient dans un contexte de séries de conférences de presse lors des grands festivals où, ces dernières années, les jurés et les créateurs ont été interrogés à maintes reprises sur la guerre à Gaza.

C'est devenu une scène familière dans les grands festivals : des conférences de presse qui commencent par des questions sur l'œuvre et qui arrivent très vite aux questions sur la guerre à Gaza, même lorsqu'il n'y a aucun lien entre les deux. Au Festival de Berlin cette année, par exemple, le président du jury Wim Wenders a été interrogé sur la guerre et a répondu que les cinéastes devaient rester en dehors de la politique. Et au Festival de Venise l'année dernière, le président du jury Alexander Payne a admis qu'il n'était pas préparé aux questions sur Gaza après que des questions politiques ont pris le dessus sur la conférence de presse.
Aujourd'hui, à l'approche de l'ouverture du Festival de Venise la semaine prochaine, on apprend que le festival a annulé la traditionnelle conférence de presse du jury principal. Cette mesure inhabituelle soulève la question de savoir si le festival craignait que l'événement ne devienne une fois de plus une arène politique, mais le festival le nie et affirme qu'il s'agit d'un conflit d'horaires.
La présidence du jury international du Festival de Venise cette année sera assurée par l'actrice juive américaine Maggie Gyllenhaal, aux côtés de la réalisatrice et scénariste tunisienne Kaouther Ben Hania, du compositeur et artiste anglais Daniel Blumberg, du professeur italien Francesco Casetti, du réalisateur et scénariste français Xavier Giannoli, de la réalisatrice et scénariste afghane Shahrbanoo Sadat et du réalisateur et producteur de Hong Kong Johnnie To.
Malgré la tentative d'éviter la politique, il est difficile de voir comment elle n'atteindra pas le festival cette année également : le programme artistique a récemment ajouté NAZA (Dommages collatéraux) — un nouveau film documentaire qui décrit, selon son synopsis, les systèmes systématiques derrière le meurtre de masse de civils palestiniens à Gaza. Le film a été réalisé par Yuval Abraham et Rachel Szor, deux des quatre réalisateurs de No Other Land, qui a remporté l'Oscar du meilleur film documentaire en 2025.
Par ailleurs, une lettre ouverte a été publiée cette semaine appelant la Biennale de Venise et le festival du film à prendre des mesures concrètes en soutien à la Palestine. Parmi les centaines de signataires figurent le fondateur de Pink Floyd, Roger Waters, et l'auteure lauréate du prix Nobel, Annie Ernaux. La lettre, au nom de Venice4Palestine, comprend une série de demandes :
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Une plus grande transparence dans l'industrie cinématographique
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La suspension des accords avec des organisations et institutions liées au gouvernement israélien
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La protection des professionnels qui choisissent de rompre de tels liens
Cette année, ils ont également appelé à hisser le drapeau de la Palestine dans tout le festival, dans le contexte de la participation à la sélection officielle de deux films palestiniens : Citizen Osama d'Ahmed Hassouna et Conversation with the Sea de Muayad Alayan. Parallèlement, le programme de cette année comprend également Voyage à Jéricho d'Amos Gitai et, comme mentionné, NAZA de Yuval Abraham et Rachel Szor. Selon le site Deadline, le Festival de Venise et la Biennale de Venise n'ont pas publié à ce jour de position officielle concernant le conflit israélo-palestinien, et se présentent comme des organismes qui ne prennent pas position politiquement dans la sélection des films et des créateurs invités.





