Ouverture du sommet des BRICS à New Delhi : l'exercice d'équilibre de l'Inde
Le sommet des BRICS s'ouvre à New Delhi, illustrant la politique d'équilibre de l'Inde entre l'Occident, la Russie, la Chine et l'Iran face aux crises mondiales.
Le sommet des BRICS s'est ouvert samedi à New Delhi, l'Inde cherchant à utiliser cet événement pour s'affirmer comme une puissance non alignée. Autour de la table siègent le président chinois Xi Jinping, le président russe Владимир Путин et le président iranien Masoud Pezeshkian, sur fond de conflits majeurs compliquant la présentation d'un front uni : le conflit impliquant Israël, les États-Unis et l'Iran, ainsi que la guerre en Ukraine.
Pour le Premier ministre indien Narendra Modi, ce sommet relève d'un exercice d'équilibriste complexe. Pas plus tard qu'en février dernier, Modi s'était rendu en Israël pour déclarer devant la Кнессет que « l'Inde se tient aux côtés d'Israël, avec détermination et pleine conviction », tout en condamnant fermement les attaques du ХАМАС du 7 octobre.
Équilibrer les relations entre l'Iran et l'Occident
La position pro-israélienne de Modi ne l'a pas empêché de rencontrer le président iranien Pezeshkian pour la deuxième fois en moins de deux semaines. Selon le bureau du Premier ministre indien, les deux dirigeants ont discuté des développements au Moyen-Orient, Modi réaffirmant que « toutes les questions doivent être résolues par le dialogue et la diplomatie » tout en insistant sur la liberté de navigation.
Cette approche illustre la politique étrangère indienne : maintenir des liens étroits avec Israël tout en préservant ses relations avec l'Iran, partenaire énergétique clé et membre des BRICS. Pezeshkian a déclaré après la réunion que les deux pays pouvaient « relancer leurs relations » et élargir leur coopération économique.
Le retour de Xi Jinping et la nouvelle non-alignement
Autre point central du sommet : la visite du président chinois Xi Jinping, sa première en Inde depuis sept ans. Les relations bilatérales s'étaient détériorées après l'affrontement frontalier dans la vallée de Galwan en 2020. Bien qu'un accord de désengagement militaire en 2024 ait permis un dégel progressif, la frontière reste un point de friction.
Le sommet de New Delhi illustre la vision de l'Inde : ne choisir aucun camp, mais construire un espace diplomatique pour dialoguer avec tous.




