Le Brésil interdit les paris en ligne et plonge le football dans la crise
Le président brésilien Lula da Silva a signé un décret interdisant les paris en ligne, provoquant la colère des clubs de football qui redoutent une faillite généralisée.

Les principaux clubs de football brésiliens ont mis de côté leurs rivalités historiques pour lancer un avertissement sévère : le football brésilien est au bord de l'asphyxie. Ils pointent directement du doigt le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, qui a signé un décret interdisant les paris sportifs en ligne et les casinos virtuels à l'approche du premier tour de l'élection présidentielle, où il brigue un quatrième mandat non consécutif.
Le président Lula a justifié cette mesure drastique en affirmant que les jeux d'argent en ligne provoquent des faillites généralisées, des destructions de familles et de graves crises de santé mentale. Il a qualifié cette industrie d'entreprise cynique exploitant les addictions des citoyens. "J'ai parlé avec de nombreuses personnes dont la vie a été ruinée par les jeux en ligne", a déclaré le président. "C'est une tumeur. Soit on l'enlève complètement, soit elle vous tue."
L'impact économique et le soutien populaire
Alors que ses détracteurs, dont son principal adversaire Flavio Bolsonaro, qualifient cette décision de manœuvre populiste, les sondages indiquent qu'environ 60 pour cent de la population soutient la mesure. Selon la Banque centrale du Brésil, les habitants dépensent près de cinq milliards d'euros par mois en paris, et plus de deux millions de Brésiliens sont considérés comme dépendants.
"Soit je mets fin aux paris, soit les paris mettront fin au Brésil", a affirmé le président Lula face à la fronde des clubs.
La menace sur le football national
La mesure représente un choc sismique pour le sport roi. Les sociétés de paris ont injecté plus de 200 millions d'euros dans les clubs de première division, représentant environ 34 pour cent de leurs revenus totaux. Des clubs comme Flamengo et Fluminense ont averti que cette décision pourrait entraîner des faillites en cascade. Pourtant, une partie des supporters estime que la santé sociale prime sur les contrats publicitaires, révélant une fracture profonde entre les instances sportives et leur public.





