Berlin : la candidate de gauche Elif Arelp interpellée sur des liens avec le Hamas
La candidate à la mairie de Berlin, Elif Arelp, fait face à des critiques après des révélations sur des liens internes avec le Hamas, au moment où la gauche négocie une coalition.

Elif Arelp, dirigeante de Die Linke à Berlin et candidate à la mairie, a exprimé dans un document interne ses inquiétudes face à la présence de sympathisants terroristes liés au Hamas, selon des révélations du magazine Der Spiegel. Cette publication suscite un débat critique sur sa capacité à assurer la sécurité de la capitale allemande.
Ces révélations surviennent alors que Berlin s'approche d'une décision cruciale concernant la formation d'un gouvernement local. La conférence du parti de gauche doit voter ce samedi sur l'ouverture de négociations de coalition avec les Verts et les sociaux-démocrates. Les deux partenaires potentiels ayant déjà validé la démarche, les discussions officielles pourraient débuter début novembre en cas de vote positif.
Dans un entretien relayé par l'agence de presse allemande, Elif Arelp s'est dite confiante quant à l'adoption de la motion par une large majorité. Elle a reconnu des compromis douloureux, tout en rappelant que son parti a recueilli 25,7 pour cent des voix et non une majorité absolue. Selon elle, les accords reflètent son agenda social axé sur le logement, les transports publics et la gestion des déchets.
Les pourparlers exploratoires se sont achevés le 17 octobre. La coalition envisagée disposerait de 91 sièges au parlement régional, soit 14 de plus que la majorité absolue requise. Bien qu'une alliance alternative entre chrétiens-démocrates, Verts et sociaux-démocrates soit mathématiquement possible, sa marge de manœuvre serait nettement plus restreinte.
La question de l'antisémitisme au sein de la gauche a déjà provoqué des suspensions temporaires des pourparlers. Les Verts et les sociaux-démocrates exigent des garanties fermes, et une déclaration commune devrait figurer dans l'accord de coalition. Selon le radiodiffuseur public allemand, des sanctions, allant jusqu'à l'exclusion du groupe parlementaire, sont envisagées en cas d'incidents antisémites.
Au cœur des tensions figure la députée Vanessa Amade, accusée de contester le droit à l'existence d'Israël. Arelp a critiqué sa position, affirmant qu'il n'existait plus de base de travail commune, tout en regrettant que cette affaire éclipse ses projets économiques pour Berlin.
Le chancelier Friedrich Merz a appelé ce mois-ci les partenaires de coalition à bloquer l'élection d'Arelp, invoquant la recrudescence de l'antisémitisme. En revanche, la responsable écologiste Franziska Brantner a qualifié Arelp de personnalité crédible, tout en s'interrogeant sur sa fermeté face aux adversaires d'Israël au sein de son parti.
Parallèlement, les partenaires potentiels avancent sur un projet phare prévoyant le transfert d'environ 160 000 logements dans le giron public moyennant indemnisation, l'un des piliers du programme de la candidate de gauche.




