Bat Yam assigne l'Iran en justice à New York pour 250 millions de shekels
Le maire de Bat Yam a personnellement signifié à New York une plainte de 250 millions de shekels contre l'Iran, suite aux destructions de missiles subies par sa ville. Une action inédite coordonnée avec des responsables israéliens.
Le maire de Bat Yam, Zvika Brot, s'est rendu à Manhattan pour signifier personnellement une action en justice de 250 millions de shekels contre l'Iran, suite aux dégâts considérables causés par des missiles iraniens dans sa ville côtière. Menée en coordination avec des responsables israéliens et américains lors d'une opération secrète de quatre mois, cette initiative a permis de localiser un diplomate iranien près du siège des Nations unies à New York.
Selon les informations, la cible était le premier secrétaire de la mission iranienne auprès de l'ONU. Des observateurs ont prévenu le maire lorsque le diplomate est sorti d'un immeuble, lui permettant de l'aborder à un feu tricolore. Invoquant son immunité diplomatique, le diplomate a tenté de s'éloigner, mais l'équipe municipale l'a suivi pendant plusieurs minutes dans les rues de Manhattan pour lui lire le document juridique et valider ainsi la notification.
Cette démarche répond à une exigence procédurale. Pour faire avancer la plainte en Israël, il est impératif de prouver qu'un représentant officiel de la partie adverse a reçu les documents ou a eu la possibilité d'en prendre connaissance. La procédure a été déposée devant le Tribunal de district de Jérusalem, rédigée en hébreu et traduite en persan.
L'action en justice découle des destructions massives subies par Bat Yam lors des frappes de missiles iraniens, notamment durant l'opération baptisée 'Am Kalavi'. La municipalité a payé un lourd tribut : 160 bâtiments endommagés, dont 22 détruits d'urgence, neuf résidents tués, 178 blessés et des milliers de sans-abri relogés par la ville.
Initié par le maire Brot, le dossier est géré par une équipe internationale menée par l'organisation Shurat HaDin, dirigée par l'avocate Nitsana Darshan-Leitner. La plainte vise l'Iran et les Gardiens de la révolution, ciblant pour la première fois ces derniers pour des dommages infligés à des municipalités étrangères lors d'attaques terroristes.
Les autorités de Bat Yam lorgnent déjà sur une source potentielle de dédommagement : une créance israélienne d'environ 1,1 milliard de dollars due à l'Iran suite à un arbitrage concernant la compagnie pétrolière Eilat-Ashkelon (EAPC). Bien que validée par un arbitrage international, cette somme est bloquée par Israël en raison de l'interdiction de commercer avec un État ennemi. La municipalité espère obtenir une saisie partielle de ces fonds en cas de victoire judiciaire.
L'Iran dispose désormais d'un délai de soixante jours pour répondre à la requête. En l'absence de défense, la municipalité pourra demander un jugement par défaut, bien que des procédures de recouvrement restent nécessaires pour obtenir gain de cause.





