Avi Bitter : « C'est ce qui me maintient en vie »
Avi Bitter dans une interview chargée d'émotion sur la solitude au sommet, les tentatives de l'industrie pour le faire taire et le prix d'un parcours indépendant. « Je choisirai Bibi, car à gauche, il n'y a pas de leader »

Le monde de la musique orientale et méditerranéenne est connu pour ses nombreuses histoires de Cendrillon, mais dans le cas d'Avi Bitter, l'histoire est avant tout celle d'une lutte acharnée pour la survie, d'une création indépendante et d'un combat contre une industrie qui, selon lui, a tenté maintes et maintes fois de le marginaliser.
Dans une interview accordée à Yossi Marshak dans le podcast « All in », Bitter se livre sur tout : du chemin difficile qu'il a parcouru en étant totalement seul, au sentiment d'abandon de la part de personnes qui lui étaient proches, jusqu'à la réalité politique et sociale en Israël.
« Personne ne m'a fait de faveur »
Pendant des décennies, Bitter a construit un public fidèle et dévoué de ses propres mains, sans le soutien de grandes maisons de disques ni de budgets colossaux. Selon lui, le prix de ce chemin indépendant a été lourd :
« J'ai tout fait seul, sans maisons de disques derrière moi, sans financement et sans faveurs de personne. Les gens oublient combien j'ai donné, et quand je suis tombé, tout le monde a su me piétiner et dire : "Voilà Avi Bitter". »
Ce sentiment l'accompagne également sur le plan personnel. Selon lui, le monde du spectacle et de la célébrité attire beaucoup de personnes intéressées :
« Une personne qui vit comme moi, avec le cœur sur la main et tout sur la table, est celle qui est le plus durement blessée. Les gens viennent, restent tant qu'il y a quelque chose à prendre, et quand il n'y a plus rien, ils disparaissent sans dire au revoir. »
Bitter n'a jamais hésité à critiquer l'establishment médiatique et culturel en Israël, qui, selon lui, a tenté de faire taire son style pendant de longues années. « Ils ont essayé de me fermer des portes toute ma vie, dit-il sans détour. Ils ont fermé la radio, fermé la télévision, ils pensaient que s'ils m'ignoraient, je disparaîtrais. Mais mon public ne m'a pas oublié, et c'est ce qui me maintient en vie. »
Parallèlement à la musique et à sa vie personnelle, Bitter ne s'abstient pas d'exprimer une position sur la scène politique brûlante :
« Je choisirai Bibi, car à gauche, il n'y a pas de leader... Un Premier ministre doit être un homme intelligent, un homme qui connaît bien l'anglais. Écoute, ce n'est pas un pays facile, nous avons un million et un problèmes. Bibi n'a pas fait de mal, mais les gens veulent du changement. Il n'y a pas de problème avec le changement, mais amenez quelqu'un de normal, amenez quelqu'un du niveau de Bibi. »





