Assaf Rappaport : « Mon Dieu, ce type peut probablement tout faire »
Le magazine américain Fortune publie un article de profil complet sur l'entrepreneur israélien Yevgeny Dibrov, PDG et cofondateur d'Armis, récemment rachetée par ServiceNow pour 7,75 milliards de dollars. Assaf Rappaport revient sur leur rencontre, leur premier investissement croisé et l'anecdote surprenante d'un concours biblique.

En avril dernier, l'une des plus grandes transactions de sortie (exit) de l'histoire de la high-tech israélienne a été finalisée : la société de cybersécurité Armis a été rachetée par ServiceNow pour un montant de 7,75 milliards de dollars. Il s'agit de la quatrième plus grande sortie de l'histoire de l'État d'Israël.
À ce titre, le magazine américain Fortune a publié un article de profil complet sur l'entrepreneur de la high-tech Yevgeny Dibrov, PDG et cofondateur d'Armis. Parmi les personnes interrogées figurent Assaf Rappaport, PDG et cofondateur de Wiz ; Nadir Izrael, cofondateur et CTO d'Armis ; Sharin Fisher Dibrov, investisseuse en capital-risque et fondatrice de Startpoint Capital ; Amit Zavery, président de ServiceNow ; l'ancien basketteur et investisseur Omri Casspi ; ainsi que Jeff Horing, fondateur du fonds Insight, qui détenait la majorité des actions d'Armis au moment du rachat.
L'article, d'environ 2 500 mots, se penche sur le parcours de Dibrov, né en Union soviétique (l'Ukraine actuelle), arrivé en Israël à l'âge de 4 ans et ayant grandi dans le quartier de Sha'arayim à Rehovot. Il raconte comment son enfance, marquée par une certaine modestie financière, a forgé sa détermination et son ambition, ainsi que son rêve de jeunesse de devenir basketteur professionnel.
L'interview apporte un éclairage sur cet exit majeur. Selon le magazine, les deux fondateurs, Yevgeny Dibrov et Nadir Izrael, se partageront environ 930 millions de dollars. L'article révèle également qu'ils continueront à diriger l'unité cyber de ServiceNow, construite sur la base d'Armis au sein du géant américain valorisé à plus de 180 milliards de dollars. Dibrov occupera le poste de directeur général (GM) de cette nouvelle division de 2 000 employés, tandis qu'Izrael sera vice-président produit et ingénierie (GVP of Product and Engineering).
Le récit met également en lumière l'amitié entre Dibrov et Assaf Rappaport, son ancien commandant au sein de l'unité 81. En 2007, alors âgé de 24 ans, Rappaport servait dans cette unité technologique d'élite de la direction du renseignement de Tsahal. Il se souvient qu'un ami commun insistait sans cesse pour qu'il rencontre le jeune Dibrov, alors âgé de 19 ans.
« Il n'arrêtait pas de me dire : "Ce type est gâché là-bas, tu dois lui parler" », a déclaré Rappaport à Fortune. L'ami lui avait notamment confié que Dibrov avait remporté la deuxième place lors d'un concours biblique régional, bien qu'il ne soit pas religieux, par simple volonté de gagner. « J'ai dit : "Mon Dieu, ce type peut probablement tout faire" », se souvient Rappaport.
Après une discussion téléphonique sur ses ambitions, Rappaport a intégré Dibrov dans son unité. Lorsque Dibrov a quitté Microsoft pour créer sa propre entreprise en 2015, il a demandé à Rappaport d'être son premier investisseur. Rappaport a signé un chèque de 100 000 dollars pour Armis. Des années plus tard, lorsque Rappaport a fondé Wiz, Dibrov a investi le même montant pour son premier tour de table. Les deux entrepreneurs ont ainsi financé mutuellement leur succès à deux reprises.





