Arrêté administratif : un chef de gang assigné à Savion pour des raisons de sécurité
La police n'ayant pas réussi à réunir suffisamment de preuves pour inculper Yossi Mussli dans des affaires de jets de grenades, le tribunal a imposé des restrictions de résidence. Malgré la demande de l'intéressé de rester chez son père à Kfar Shalem, le juge a ordonné son transfert à Savion en raison de la dangerosité du secteur.

Sur fond de ce que la police qualifie de conflit violent entre les organisations criminelles Mussli et Jarushi, le juge du tribunal de district de Tel-Aviv, Shay Yaniv, a ordonné une mesure de restriction administrative à l'encontre de Yossi Mussli jusqu'à la veille de Yom Kippour. Dans le cadre de cet arrêté, Mussli est soumis à un régime d'assignation à résidence. Il est autorisé à demeurer au domicile de son père à Kfar Shalem jusqu'à dimanche, date à laquelle il devra rejoindre sa résidence de Savion. L'usage d'applications de messagerie lui est également interdit.
Un officier de police a reconnu lors de l'audience : « Nous avons commis une erreur en lui permettant de retourner au domicile de Kfar Shalem ». Les avocats de la défense, Shahar Hatzeroni et Doron Noy, ont fait valoir qu'ils avaient tenté de trouver un accord avec les autorités, soulignant que leur client aide quotidiennement son père. La défense a vivement critiqué le recours à la procédure administrative, y voyant un outil utilisé en l'absence de preuves suffisantes pour une procédure pénale, ce qui, selon eux, porte atteinte aux droits fondamentaux.
Le chef du département d'évaluation de l'unité centrale de Tel-Aviv a justifié cette demande par l'intensité du conflit entre les clans Mussli et Jarushi. « Si Yossi continue de résider à Kfar Shalem, l'arrêté perd tout son sens, car le danger est intrinsèquement lié à ce lieu », a déclaré l'officier, rappelant que la maison avait déjà été visée par une attaque. Yossi Mussli a rejeté ces accusations, affirmant que depuis son retour d'Afrique du Sud, il se consacre exclusivement à l'aide à son père.
Lors d'une précédente audience, le surintendant Ziv Sagiv a précisé que la demande avait été validée par la division des enquêtes et le parquet. La police dispose d'informations sur l'implication de Mussli dans des crimes graves et sur son rôle à la tête d'une organisation criminelle internationale. M. Sagiv a rappelé le lourd passé judiciaire de l'intéressé : 11 condamnations, cinq peines de prison totalisant plus de 5 400 jours, ainsi que des enquêtes en cours pour des attentats à l'explosif, des incendies criminels contre la chaîne de restaurants « Japanika » et une explosion de voiture à Ramat Gan.
La police a également demandé l'interdiction de quitter le territoire, arguant que les voyages à l'étranger servent de base opérationnelle ou d'alibi pour des activités criminelles. Finalement, le tribunal n'a pas accédé à la demande de la police d'éloigner immédiatement M. Mussli de son domicile et a réduit la durée des conditions imposées.





